Cathy Yogo
30 Mai 2006
billet
Parmi les violences faites à la jeune fille, l'excision était jusqu'ici la mieux connue.
Elle était du moins la plus médiatisée.
Pendant longtemps en effet, cette pratique a fait de l'ombre au "repassage des seins", qui consiste à étouffer cette partie du corps des adolescentes afin de les empêcher de croître normalement. La pratique on l'a vu dans l'enquête ci-contre, ne produit non seulement pas les effets recherchés, mais elle a des conséquences négatives sur la santé des victimes. Le Dr Ndonko évoque par exemple, des kystes, des lésions et des écoulements parfois à l'origine de cancer du sein.
Au-delà des conséquences physiques liées au "repassage des seins", les jeunes filles sont psychologiquement atteintes. Comme Géraldine Sirri qui a subi ces sévices dès 9 ans, la majorité des victimes sont marquées à vie dans leur chair et dans leur esprit. Ignorance feinte ou méchanceté? Face à ce chapelet de conséquences, les "tortionnaires" prétendent préserver les adolescentes des regards des hommes. Elles prétendent aussi leur éviter des rapports sexuels précoces. Un leurre, quand on sait qu'aujourd'hui les pédophiles recrutent au berceau.
Par ces actes de torture sur les enfants, on doit tout simplement voir l'incapacité de certains parents d'éduquer sexuellement leur enfant. Au lieu de s'attaquer aux seins de leur progéniture d'une manière aussi barbare, ils doivent plutôt amener la jeune fille, futur pilier de la famille, à s'assumer. Il importe ici de l'aider à se défendre dans une société comme la nôtre où le vice tend à dicter sa loi.
Par cet acte barbare, on peut aussi voir l'égoïsme des parents. Un vilain désir des mères d'empêcher leur fille de grandir avec tout ce que la femme peut avoir d'attirant: ses seins. Car il ne faut pas perdre de vue qu'une belle poitrine peut être un gage de séduction. L'émergence de concours de beauté qui célèbre les fortes poitrines ne le démentira pas.
Enfin, au même titre que les exciseuses, les auteurs du "repassage des seins" doivent être réprimés par la loi. Il revient donc au ministère de la Promotion de la femme et de la Famille de prendre ses responsabilités en interdisant une telle pratique. Plutôt que d'abandonner le combat aux mains du Réseau national des associations de tantines, dont l'initiative est tout de même à féliciter.
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