Les appétits de Michel Kamdem, directeur général de la Compagnie financière de l'estuaire (Cofinest), établissement camerounais de microfinance, sont plutôt gargantuesques.
"Nous voulons, dans les cinq prochaines années, atteindre 100.000 comptes ; mettre 15 milliards de Fcfa à la disposition des opérateurs économiques sous la forme de crédits ; injecter au moins 65 milliards dans l'économie camerounaise ; employer un minimum de 400 Camerounais et, surtout, devenir une banque populaire". Ces projections ainsi faites coïncident avec la célébration du 10e anniversaire de l'entreprise le 1er juin 2006 dernier. C'est, en effet, le 16 mars 1996 que la société naît sous l'appellation de Coopérative et crédit mobile. Le 11 mai 2002, elle se mue en Société anonyme avec, actuellement, 575 actionnaires, tous de nationalité camerounaise.
Les premières opérations, à savoir la collecte de l'épargne, la distribution et le suivi de crédits, commencent le 8 avril 1996 à Douala, avec un personnel réduit à "quelques agents". Aujourd'hui, beaucoup d'eau semble avoir coulé sous les ponts, l'établissement compte 25 implantations, avec 13 guichets Western Union, à travers le pays. Présente dans sept villes du pays, Cofinest emploie 239 personnes. Il est également le premier représentant de Western Union au Cameroun, car c'est depuis juin 1997 que le contrat entre l'établissement et le leader mondial des transferts d'argent a été signé. Un "mariage" qui aura permis à Cofinest, à l'époque, d'être "leader, avec 100% de parts du marché camerounais, sur les opérations de transferts d'argent", comme l'expliquent ses responsables.
Concurrence
Cependant la concurrence va être rude. D'autres établissement financiers, à l'instar du Crédit Lyonnais, de la Cameroon commercial Bank et de Ecobank, vont rentrer dans ce créneau avec un avantage considérable : faire à la fois des envois et permettre aux clients de réceptionner de l'argent dans les mêmes guichets. Alors que Cofinest, jusqu'ici, n'admet que des réceptions d'argent. Une nouvelle distribution de cartes, qui va amener cet établissement de microfinance à perdre des parts de marché, pour n'en posséder actuellement que 37,91%, selon des sources internes. Malgré cela, Cofinest a pris du volume en 2005 avec la création de la Société de gestion immobilière et financière. "En 1997 nous avions 100%. Dans le contexte concurrentiel actuel, nous souhaitons également faire des envois. C'est la raison pour laquelle nous voulons devenir une banque", indique le DG Michel Kamdem.
Au-delà de Western Union, l'entreprise a développé une panoplie de produits pour corriger son image auprès du public. "Quand on parle de Cofinest, les gens voient directement Western union, donc des transferts d'argent trop cher. Pourtant nous avons d'autres services comme les comptes, les dépôts, les concours ou crédits et des produits financiers comme le "Microcrédit", qui permet d'obtenir un crédit sans ouverture de compte ou hypothèque pour financer ses petites affaires. Mais aussi le Cashpick, qui sera opérationnel dès juillet 2006", explique le responsable marketing de Cofinest. Ce dernier produit est destiné à toutes les couches sociales, puisque l'épargne est possible avec 1000 Fcfa. Une équipe de ramassage quotidien a déjà été recrutée pour passer prendre la somme indiquée au lieu précisé dans le formulaire que l'épargnant devra remplir avant d'adhérer à ce service. La somme cotisée est rendue mensuellement à l'épargnant, sauf si ce dernier veut poursuivre ou ouvrir un compte.

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