Freddy Mulumba Kabuayi
12 Juin 2006
Kinshasa — Une mission parlementaire belge, essentiellement féminine, a séjourné la semaine dernier en République démocratique du Congo.
Où les députées belges sont venues échanger avec les Congolaises candidates aux élections prochaines en RDC. Avant de regagner leur pays, ces députées se sont prêtées aux questions du Potentiel. Céline Fremault, députée bruxelloise CDH, président des femmes, dit être venue en RDC, « à quelques semaines de la tenue des élections, encourager les Congolaises à participer massivement à ces scrutins ».
Compte tenu du poids démographiques que la femme représente en RDC. Isabelle Durand, sénatrice écologiste francophone, trouve que cet énième voyage en RDC lui donne, l'occasion de voir, qu'au-delà des considérations électorales, Kinshasa connaît des problèmes majeurs de gestion des aspects environnementaux, de pollution de la ville.
Là où Karine Lalieux, députée socialiste, trouve des raisons suffisantes d'encourager les femmes congolaises à partager le pouvoir avec les hommes. Elles « sont dynamiques, possèdent de qualité et ont de la conviction et veulent de changer la RDC ». Suuivez plutôt ce que chacune de ces parlementaires déclarent.
Céline Fremautl : « L'engagement de la Congolaise ne doit pas s'arrêter au 30 juillet »
Mme Céline Fremaut, députée fédérale ou de la région bruxelloise la capitale, qu'est-ce qui vous amène en République démocratique du Congo en période un peu difficile de son histoire ?
Nous sommes venues dans le cadre d'une mission qui était initiée par Joëlle Milke lorsqu'elle est venue au moment du référendum. A son retour, elle se posait la question de savoir ce qu'elle pouvait faire ici par rapport notamment à la candidature des femmes, Et depuis s'est créé un groupe de travail depuis mars à Bruxelles qui travaillait tous les jeudis pour voir s'il y avait lieu de faire en tant que femmes parlementaires par rapport aux Congolaises candidates aux élections. Il n'était nullement question de s'immiscer dans les affaires intérieures du Congo, mais tout simplement d'encourager les femmes à voter femmes et à se présenter aux élections massivement en leur donnant de petits trucs et ficelles.
A votre avis, les Congolaises ne s'impliquent, ne veulent pas s'impliquer ou c'est le système qui les en empêche à s'intéresser à la politique ?
Non. Au contraire, je trouve que les femmes que j'ai rencontrées ici sont très impliquées dans la politique. Je pense simplement qu'il y a une chance démocratique très importante pour le pays d'ici quelques semaines et je pense qu'il était normal que les femmes se présentent massivement aux élections. Plus de 51% de la population est féminine. Je pense dès lors qu'il est aussi important qu'au niveau des listes de candidatures les femmes figurent en nombre suffisant par rapport au poids démographique qu'elles représentent en RDC. Vous avez dans votre Constitution un article qui traite de la parité dans les listes électorales. Cela ne figure malheureusement pas dans la loi électorale. Cet aspect de choses me semble important dès lors que vous faites ce trajet et puis que nous avons mis 50 ans pour le faire. Il n'est pas du tout de notre chef de donner des leçons en cette matière-là. En Belgique, vous le savez peut-être, les femmes ont eu le droit de vote en 1948, on a attendu 2 002 pour avoir la parité dans notre législation électorale. Je pense qu'à un moment stratégique comme celui-ci où vous avez des élections libres démocratiques et transparentes, il est important que les femmes soient sensibilisées sur le fait qu'elles peuvent avoir un rôle éminemment politique à jouer aussi par rapport à l'avenir de leur pays.
Quelles raisons expliquent ce soutien des femmes parlementaires belges aux Congolaises ?
C'est un problème de coeur, je pense que nos pays sont toujours unis et je rencontre beaucoup de candidates dont les femmes CDH, candidates aux élections communales du 8 octobre à Bruxelles qui sont des candidates d'origine congolaise. C'est quand même une communauté qui nous est très proche à Bruxelles et qui fait partie de notre histoire ; pour laquelle j'ai estimé qu'on avait un devoir de venir transmettre nos expériences, les sensibiliser, les encourager en ce moment particulier. Je pense très sincèrement que si nous Belges, on a mis 50 ans pour à avoir la législation sur la parité, je pense que le Congo mettra moins de temps. Parce qu'aujourd'hui on a un processus de féminisation du monde politique. Je suis sûre que dans 10 ans, le Congo sera un pays où la représentation de la femme sera très élevée.
Quelle analyse faites-vous de la crise politique que traverse actuellement le Congo ? Vous avez eu la chance de rencontrer la classe politique congolaise, qui parle de plus en plus de la tenue d'un dialogue entre acteurs politiques avant les élections. Qu'en pensez-vous ?
Le rôle de ma mission ici n'est pas de m'immiscer dans les affaires de politiques intérieures. Par rapport à votre question à ce sujet précis, je suis claire. Je ne suis pas là pour expliquer ce que je pense du chef de l'Etat actuel, je ne suis pas là pour donner mes impressions sur les partis politiques. Je suis là pour les femmes et on a reçu énormément des femmes de différents partis politiques congolais. Quant à votre question sur le dialogue avant les élections à partir du moment que ce n'est pas l'objectif de ma mission et je trouve qu'il faut une prudence extrême de l'étranger par rapport à ce qui se passe chez vous. Ce processus appartient à vous, il n'appartient à personne d'autre. Par contre, je pense, comme j'entends certains se demander est-ce que les élections auront vraiment lieu, qu'il faut aller aux élections. II y a un premier pas qui doit être franchi démocratiquement. Le résultat ne plaît pas à tout le monde. C'est toujours comme cela dans le processus élec toral. Mais, il est essentiel de savoir qu'on commence un point de départ. Et que d'autres échéances électorales pourront arriver d'ici à un an, deux ans, trois ans. Je pense que les échéances cruciales pour le Congo seront les élections communales et municipales et ce par rapport aux femmes. En tout cas, c'est l'élection de proximité et je la souhaite la plus proche au Congo possible que les échéances qui sont les vôtres aujourd'hui.
Avez-vous l'espoir que les femmes congolaises pourront jouer un rôle important en politique ? Ne pensez-vous pas que la culture congolaise ou africaine est un handicap sérieux à l'émergence de la femme congolaise ?
Moi je pense très sincèrement que les femmes ont tenu ce pays debout pendant les années difficiles de l'histoire de ce pays. Celles qui nourrissaient notamment leurs familles. J'ai vu des femmes qui n'étaient pas très différentes de candidates vivant en Belgique avec les mêmes préoccupations, les même questions, le même souci de savoir concilier leur vie de famille et leur vie éventuellement politique, avec des interrogations : « qu'elle est la place de mon mari dans mon engagement ? ». Je pense qu'on a exactement le même questionnement, exactement la même envie d'engagement. Je ne vois pas beaucoup de différence entre les candidates belges et candidates congolaises. S'il y a une seule différence parce qu'elle est là elle est d'origine financière. Les conditions économiques beaucoup plus précaires ici que les candidates belges qui travaillent et qui peuvent se permettre une campagne que chez nous on appellerait normale. Il faut vraiment lancer ces femmes, leur expliquer aussi que leur engagement ne s'arrêtera pas au 30 juillet. Il y a un temps pour elles qu'elles continuent après et qu'elles se considèrent qu'elles constituent la force politique de leur pays ; qu'il est important qu'elles transmettent leur conviction et surtout qu'elles se respectent entre elles. J'ai beaucoup insisté sur le fait que, peu importe qu'elles ne soient pas de même tendance politique, qu'elles participent toutes à un processus démocratique important et à la force des femmes au Congo. Et cette force des femmes traverse les courants idéologiques. Il est temps qu'elles prennent conscience de cet état de choses, d'un énorme respect qu'elles doivent avoir l'une pour l'autre, chacune a un engagement qui est valable, peu importe l'idéologie des uns et des autres. Il y a un engagement au coeur de soi-même, de ses tripes afin de se dire moi je veux à ce qui arrive dans mon pays. On peut donc conclure que votre mission à Kinshasa a été un succès. Quel genre de femmes avez-vous rencontré et de quelle obédience politique?
On a rencontré des femmes de tous les partis. Les femmes venaient se présenter à moi et m'expliquer voilà je suis candidate pour tel parti ou tel autre parti. Je pense que c'est une bonne chose, elles discutaient entre actrices d'une même circonscription, mais aussi d'autres partis. Je pense que c'est un processus intéressant à observer. On n'a pas voulu du tout faire une ségrégation disant on va dans un parti ou un parti ami. Vous savez la mission parlementaire belge était composée de trois parlementaires : Carine qui est socialiste, Isabelle Durand écologiste et moi-même qui suis d'un parti du centre. Cette pluralité se trouvait dans le public qui est venu à notre rencontre. Et c'était notre souci évident de ne pas du tout encourager l'une ou l'autre tendance à travers cette mission, c'était encourager les femmes. On ne peut pas envisager un scénario où des femmes CDH travaillent avec les sociaux chrétiennes ou autres ?
Ce n'est pas comme cela que moi j'envisage à l'heure actuelle. Ce que je veux, c'est que vous alliez maintenant aux élections. Je sais aussi que c'est prétentieux Je souhaite que vous alliez aux élections de la façon la plus sereine possible. Et ce que je souhaiterai par contre faire à mon retour à Bruxelles, c'est imaginer les ponts qui pourront être créés entre les femmes élues et les femmes parlementaires belges. Je souhaiterai revenir, pour ma part, revenir ici avant la fin de l'année 2006 pour différentes raisons. La première, c'est revoir toutes ces candidates que j'ai rencontrées à Kinshasa, les élues et les non élues, pour leur expliquer que la vie politique peut prendre du temps.
Moi, j'ai mis 10 ans à être parlementaire. J'ai commencé à 19 ans, j'ai été élue à 30 ans. Parfois, la vie politique est plus longue que ce qu'on peut imaginer. Je souhaiterai revenir pour créer une plate-forme entre les femmes congolaises élues et les femmes belges élues. Voir quelles sont les initiatives législatives qu'on partage en commun, mais surtout encourager celles qui n'ont pas été élues. Parce que je pense que si les élections sont un succès démocratique, entendez-moi bien, cela permettra aux femmes de continuer leur engagement dans deux ans, dans trois ans sur d'autres types des élections. Et leur faire comprendre qu'en politique ce n'est pas tout qui arrive tout de suite nécessairement. Ce n'est parce qu'un va plus que son mandat durera longtemps que celui des autres Je suis très sensibilisée de revenir pour pouvoir un peu débiffer ce qu'elles auront vécu pendant les élections. Et puis, je fais cette promesse d'aller dans le Kasaï qui n'a pas été visité lors de c ette mission et donc je tiendrai cette promesse.
Isabelle Durand : « A Kinshasa se posent des problèmes majeurs de gestion des aspects environnementaux, de pollution de la ville»
Mme Durand, peut connaître les motifs de votre présence au Congo en ce moment précis ?
Je suis venue au Congo avec d'autres parlementaires femmes belges. Nous sommes venues pour soutenir et échanger nos expériences avec des Congolaises candidates aux élections. Ce n'est pas pour leur faire des leçons, mais pour échanger des expériences. Nous qui sommes des femmes parlementaires belges, c'est vrai que la Belgique et le Congo ce n'est pas la même chose Mais quand même il y a une solidarité des femmes entre elles. C'est donc pour les soutenir, les aider, leur donner des trucs et ficelles en espérant que les femmes seront soutenues par l'électorat congolais. Parce que je pense qu'au Congo comme ailleurs on a besoin des femmes.
Qu'est-ce qui, à votre avis, explique l'intérêt des Belges à rescousse des femmes congolaises ?
Parce que entre la Belgique et le Congo, il reste beaucoup de liens très forts d'amitié, presque des liens de familles. Pour nous évidemment, cela va de soi qu'on vienne aider nos amies ici.
En tant qu'écologiste, quelle impression vous avez de la RDC en la survolant en avion ?
Ce n'est pas la première fois que je viens au Congo. Je constate qu'à Kinshasa se posent des problèmes majeurs de gestion des aspects environnementaux, de pollution de l a ville. J'ai été à Kisangani, j'ai beaucoup parlé avec des gens que j'ai rencontrés indépendamment de notre séminaire de travail sur la question du déboisement. Et cette question reste cruciale si on ne replante pas les bois que l'on coupe, on se met devant de très gros problèmes dans l'avenir et la vision des écologistes n'est pas qu'on aime parce qu'elle est amie les petits oiseaux et les fleurs. C'est une vision qui vise à préserver un environnement et une nature dont nous avons besoin, dont le Congolais a besoin, dont l'ensemble de la planète a besoin. A ce titre, je crois que la bête cachée, c'est-à-dire quand on détruit l'environnement sans s'en préoccuper parce qu'à cours terme on en a besoin. Surtout par exemple pour le bois qui produit de gros bénéfice aux investisseurs, il est anormal que les bois de valeur soient déboisés sans qu'on replante. Finalement, c'est pour enrichir des gens à l'extérieur et pour appauvrir le Congo de ses ressources à la fois en argent par rapport à ses bois mais aussi en environnement. Donc, c'est une question préoccupante. A Kisangani, j'ai constaté que tout le monde roule à vélo, non seulement parce que les gens n'ont pas de moyens pour acheter des voitures mais aussi j'espère qu'ayant expérimenté cela, les gens vont aussi mesurer à quel point une ville avec peu de voitures offre plus de garantie de vivre dans une ville agréable et respirable dans laquelle on peut se déplacer autrement qu'en voiture polluant l'atmosphère.
Qu'est-ce qui vous a beaucoup marqué lors de vos rencontres avec les Congolaises ?
Ce qui m'a marqué, c'est à la fois leur courage. Il y a des femmes qui ont marché. Pendant plusieurs jours, les femmes de l'Ituri qui ont connu vraiment la guerre et des persécutions graves. Ce sont des femmes courageuses qui assument beaucoup de responsabilités. Et maintenant, elles se sont dit : on doit aller. Elles se sont inscrites dans un parti, elles sont candidates, simplement elles ne connaissent pas ou connaissent peu ce qui les entend. C'est donc très intéressant d'échanger avec elles. J'ai remarqué leur attention et des questions pertinentes qu'elles posaient, leur envie de bien faire, surtout ce souci d'améliorer les conditions de vie des Congolais. Je crois que cela les préoccupe le plus que finalement tous les signes extérieurs du pouvoir.
Au Congo, il n'existe pas de parti écologiste connu du grand public. Comment allez-vous vous y prendre pour aider les Congolais à sortir de cette crise de gestion écologique ?
Il y a des partis écologistes des groupements écologistes au Congo. Ils ne sont pas très connus, ils ne sont pas très puissants. Ils existent quand même. Il y a des gens que je connais avec qui je discute des questions de gestion écologique. Parmi les femmes que j'ai rencontrées, il y en a qui ne sont pas de parti écologiste, mais qui ont des préoccupations sur les ressources naturelles du pays. Je crois que les questions environnementales ou d'écologie peuvent prendre forme petit à petit, mais il faut d'abord répondre à une question centrale qui est celle de la paix et de la sécurité, de la justice c'est pour moi la priorité du Congo d'aujourd'hui. C'est par là qu'il faut commencer et à côté de cela, on ferait mention des questions économiques, environnementales, sociales, parce que l'écologie ce n'est pas seulement l'environnement. C'est l'environnement dans une dimension à la fois sociale et économique sinon çà ne marche pas. Karine Lalieux : « Les femmes congolaises mérit ent de partager le pouvoir avec les hommes »
N'est-ce pas surprenant de voir une Belge députée venir parler aux Congolaises de l'organisation des élections ?
Ce n'est pas seulement de l'organisation des élections. Nous sommes venues à la rencontre de nos soeurs pour les encourager. Parce que les femmes que nous avons rencontrées sont dynamiques, des femmes de qualité, qui ont de la conviction et veulent changer la RDC. Elles méritent de partager le pouvoir avec les hommes. Et nous sommes simplement venues leur dire qu'elles peuvent le faire, que les institutions peuvent être partagées entre les hommes et les femmes. Parce qu'on voit dans tous les pays où il y a le partage du pouvoir politique ça va beaucoup mieux.
Là c'est la complémentarité ou la parité ?
La parité. Vous savez qu'en Belgique on dû passer par la parité pour qu'il y ait une représentation de femmes au Parlement. On ne vient pas à donner des leçons au Congo. Parce que la loi sur la parité en Belgique a été votée en 2002. Grâce à cette loi, je vous donne l'exemple de mon parti, la première législature où j'ai été élue c'était en 99-2003, il y avait deux femmes sur dix-sept. De 2003 à maintenant, il y a 13 femmes sur 25 grâce à la loi sur la parité. Cela veut dire que quand les femmes sont bien placées sur les listes, les électeurs votent aussi femmes et le travail est aussi bien réalisé que si c'étaient les hommes.
Députée socialiste, vous êtes venue parler en tant que femme. Votre parti est-il en relation avec d'autres partis frères de Kinshasa ?
C'est un peu difficile pour le moment. Nous ne voulons pas faire ici des politiques politiciennes. C'est pourquoi nous avons invité les femmes belges de tous les partis, les candidates de tous les partis. On est ici pour les femmes et surtout pour sensibiliser les Congolais et Congolaises à voter, pour les femmes. Pas question de parti politique, il était question d'encourager ces femmes, de leur expliquer comment nous Belges sommes parvenues à nous faire élire. Surtout à leur dire que s'il y a échec maintenant ce n'est qu'un début d'un processus qui amène à accéder aux fonctions politiques et à tout moment qu'elles pourraient rebondir, parce que je suis sûre que demain le Congo s'ouvrira aussi aux femmes parce qu'il y verra plein d'avantages. Donc, on venu dire comment on prenait contact, comment on tenait des réunions politiques, comment on parvenait à parler politique, comment on parvenait à aborder certains sujets. C'est vraiment un échange qu'on a eu entre nous et c'étai t une expérience très forte pour moi aussi j'ai appris beaucoup de choses de la part de mes soeurs congolaises parce qu'on n'a pas la même manière de voie de réfléchir.
Dans vos entretiens avec les Congolaises, qu'est-ce qui vous a marqué ?
Ce qui m'a marqué, c'est la détermination. La détermination pour tout le Congo d'ailleurs, avec la volonté de désir un pays riche, fort, qui soit respecté par les autres. Elles veulent être respectées dans leur propre pays. Parce qu'elles m'ont parlé de beaucoup d'inégalités qui existent dans ce pays, des difficultés de vivre. C'étaient des femmes qui sont souvent formées, qui ont fait des études, mais n'ont pas d'emploi, qui sont soumises à certaine culture ou tradition qui fait qu'elles ont fait sept, dix ou douze enfants. C'est trop parce qu'elles ne peuvent pas procurer un bonheur à ces enfants et en même temps s'épanouir elles-mêmes. Je pense que si elles sont au pouvoir demain, elles pourront mettre à l'agenda toute la problématique qu'elles rencontrent au quotidien. Elles m'ont amené leur expérience de vie quotidienne que nous ne connaissons plus en Europe, mais qui est très interpellante. Malgré tout ça, elles ont une force de travail, une force de conviction incroyab le. J'étais épatée par ces femmes.
Pensez-vous des femmes au pouvoir peuvent changer la vision politique et économique du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale et de la communauté internationale ?
Les femmes savent ce que c'est nourrir les enfants, les éduquer. Malgré tout et contre tout, elles savent aussi faire survivre les familles et je crois qu'elles vont vraiment à l'essentiel. La Banque mondiale, le Fmi, c'est très loin, c'est très difficile. Nous-mêmes en Belgique, femmes et hommes d'ailleurs, on essaie de changer ces structures, parce qu'on estime que ces structures ne répondent pas aujourd'hui aux aspirations des pays du Sud. C'est très loin pour ces femmes, parce que je ne sais même pas si elles savent ce que c'est. Ces femmes sont prises au quotidien, mais pour mettre l'agenda politique des préoccupations comme le Code de la famille, l'égalité dans le droit du travail, comme la violence aux femmes, comme la justice pour tous. Elles pourront mettre des choses pertinentes pour l'ensemble de citoyens congolais et c'est ça qui me préoccupe aujourd'hui. Au niveau international que nous on n'y parvient pas encore, alors je ne demande pas cela aux femmes congolais es.
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