Fraternité Matin (Abidjan)

Côte d'Ivoire: Cacaoculture : une maladie sévit à Bouaflé

12 Juin 2006


Abidjan — Les producteurs de la région de la Marahoué perdent leurs plantations.

Le swollen shoot, cette maladie qui assèche les cacaoyers, est en passe d'anéantir la culture de la région de la Marahoué.

Le swollen shoot (en français : étouffement, gonflement des rameaux ou le gonflement qui tue) est une maladie virale qui sévit, voilà bientôt six ans, dans la région de la Marahoué. Il s'attaque au cacaoyer et le décime lentement. Ce mal menace aujourd'hui de s'étendre aux zones à forte production que sont les régions du Haut et du Bas-Sassandra, celles des Lagunes et du Sud- Bandama. Formant la boucle du cacao avec une production estimée pour les trois, à 988 000 tonnes de cacao. Soit 70% de la production de 2004.

Différent de la "pourriture brune", le swollen shoot, dont l'agent pathogène est un virus, est transmis et transporté par un insecte : la cochenille (puceron), par simple piqûre. Il se caractérise par le dessèchement du verger, l'arrondissement des cabosses et la réduction des graines. Le plant a l'aspect d'un arbre qui a été ravagé par un feu de brousse. Une étude épidémiologique menée sur le terrain a permis d'estimer les dégâts à plus de 200 ha détruits. C'est en 1943 que cette maladie est apparue en Côte d'Ivoire. Il a fallu 20 ans pour la découvrir dans le département d'Agnibélékrou. Et les autorités de l'époque ont lutté contre elle en menant de grandes campagnes d'arrachage. Les cacaoyers malades ont été par la suite purement et simplement brûlés.

Les planteurs de la région actuellement touchée se reconvertissent dans des cultures subsidiaires de vivriers, maïs et igname. Ou encore dans un autre domaine, l'anacarde. Le Professeur KEBE Boubacar Ismaël, Chef du programme cacao au CNRA et maître de recherche, au cours d'une visite de terrain, a expliqué que c'est une maladie endémique.Il a souligné également que de 1946 à 2000, le verger a été surveillé. Ce n'est qu'en 2003 que des foyers nouveaux ont été observés.

Mais le CNRA a un pool génétique qui non seulement devrait favoriser la sélection, mais aussi relancer la recherche.

Et si les clones s'avéraient inefficaces, alors le centre pourrait grâce aux moyens, trouver une solution.

Par ailleurs, M. Kébé, au titre des recommandations qu'il fera très prochainement à sa hiérarchie, a souhaité qu'une équipe de recherche dynamique, issue de l'institut des sciences agronomiques ou de l'université, soit mise sur pied. Jean-Rock K-Kiriné

Envoyé spécial

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