Fraternité Matin (Abidjan)

Cote d'Ivoire: Attrait touristique de Yamoussoukro, le jardin de "Guiglo" est mort

Abidjan — Connaissez-vous " Guiglo " ? Eh bien ! Ce n'est pas la ville située à l'ouest de la Côte d'Ivoire, chef-lieu de région du Moyen Cavally, dont il est question ici. Mais c'est plutôt l'appellation d'un site touristique en ruine dans la localité de yamoussoukro.

Ses hangars et tentes qui ont jadis abrité de hautes personnalités du monde entier sont aujourd'hui en ruine.

Connaissez-vous " Guiglo " ? Eh bien ! Ce n'est pas la ville située à l'ouest de la Côte d'Ivoire, chef-lieu de région du Moyen Cavally, dont il est question ici. Mais c'est plutôt l'appellation d'un site touristique en ruine dans la localité de yamoussoukro.

Guiglo est à l'origine, la première plantation du président Félix Houphouet- Boigny, père de la nation ivoirienne. Son histoire remonte aux années 1928-1929. Alors médecin dans la région de Guiglo, a expliqué notre guide, le père de la nation a voulu expérimenter la culture du café et du cacao, jusque-là contrôlée par les colons blancs. Ayant constaté que ce binôme constituait une richesse inestimable, il comprit les raisons pour lesquelles les blancs en firent leur chasse gardée. C'est pourquoi, il baptisa ce lieu du nom de " Guiglo ". En souvenir non seulement de la ville de Guiglo où il a servi et découvert l'importance du cacao, mais pour dire qu'il a eu raison. Parce que guiglo en guéré signifie le village de la raison. Comme quoi, il a eu raison d'avoir expérimenté la culture du café et du cacao.

Au delà de ces caféiers et cacaoyers qui poussaient allègrement, il faut voir un site touristique. C'est le lieu où " le vieux " a décidé de façon volontaire de faire la promotion du tourisme écologique. Ainsi donc bâti sur une superficie de 120 hectares, le jardin de Guiglo comporte des ruelles bitumées qui le parcourent dans tous les sens. A côté des plants de café et de cacao, on y trouve des colatiers, des amandiers, des avocatiers, des palmiers géants et des essences forestières des plus rares. Notamment, l'iroko, le kotibé, l'ebène, le fromager et autres, dont certains sont vieux de plus de 100 ans.

En ce lieu, Houphouet recevait ses invités de marque. Des Sahéliens qui consomment la cola sans avoir jamais vu de colatier venaient pour la découverte. De même que ces Européens grands consommateurs de chocolat qui venaient pendant les vacances pour satisfaire leur curiosité.

Sous ces gros arbres qui se dressent fièrement dans le ciel, et où le visiteur respire l'air frais de la nature mêlé aux chants des oiseaux, un espace a été aménagé pour les loisirs (excursion, pique-nique, récréation, ) . Ce sont des tentes de 7 mètres carré, des toilettes, des tréteaux pour la restauration et une place pour les diverses prestations artistiques. L'ancien secrétaire général de L'Unesco, le Portugais Fédérico Mayor et bien d'autres hôtes ont été reçus sur ce site par le premier président de la République.

Notons que sa localisation au nord de la ville, et sa haute clôture donnent un cachet particulier à la configuration de la ville. En effet, sa proximité de la résidence des Boigny le replace au centre de la ville, avec l'urbanisation et le transfert de la capitale en cours. Le plan directeur le met plus en relief. Parce qu'à l'est, se trouve la préfecture de région et l'Hôtel de ville. Sur les côtés nord et ouest, sont prévus des quartiers résidentiels avec des villas de haut standing.

Malheureusement, ce ne sont que de vieux souvenirs. Bien qu'une pancarte indique honteusement " Jardin de Guiglo-Mairie de Bouaké ", le jardin est en ruine. Il n'existe plus que de nom. Allant plus loin, un habitant dira qu'il a perdu son âme.

On ne sait qui en a donné l'ordre, mais toutes les essences forestières, même les plus vielles de plus de 100 ans, ont été abattues par des exploitants forestiers. Les pieds de cacao et de café, ces colatiers, amandiers et autres ont disparu, sous le poids de la broussaille. Les ruelles bitumées sont devenues des sentiers. Les tentes et hangars, n'en parlons pas. A plus forte raison, la scène, les lampadaires et systèmes d'éclairage.

N'étant pas payés depuis bientôt 4 ans, les manoeuvres qui y travaillent ne prennent plus soin des vergers. Pis, pour vivoter, ils abattent les colatiers et autres vergers en panne de production pour en faire du bois de chauffe qu'ils vendent aux ménagères. Certains s'attaquent aux palmiers géants pour extraire du vin de palme communément appelé bandji. D'autres squattent des petits espaces sur lesquels ils cultivent de l'igname et du maïs.

Alors que comme l'a expliqué M. Kpaï Laurent, ce jardin réaménagé peut apporter beaucoup à la ville de yamoussoukro. C'est donc le lieu d'attirer l'attention des autorités locales sur la nécessité de réhabilitation de ce patrimoine touristique qui se meurt à petit feu. Aux yeux et à la barbe de tous.

Mais est-il possible de remplacer ces essences vieilles de plus de 100 ans abattues ? Simplement dommage que l'on n'ait pas compris la volonté du président Félix Houphouet- Boigny. Celle de promouvoir aussi le tourisme écologique.

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