Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Elections : concertations politiques démarrées sur les chapeaux de roues

Kinshasa — La première journée des concertations politiques ouvertes hier dans la salle des conférences du ministère des Affaires étrangères n'a examiné que la transparence des élections, un des 5 points inscrits à l'ordre du jour notamment, la sécurisation, l'après-30 juin et l'accès aux médias. Les participants se sont montrés préoccupés par la gestion des 5 millions de bulletins de vote excédentaires prévus par la CEI et le contrôle du serveur central des scrutins.

concertations politiques annoncées par les trois vice-présidents de la République, à savoir Azarias Rubrewa, Jean-Pierre Bemba et Arthur Z'Ahidi Ngoma, ont démarré quasiment sur les chapeaux de roues hier vendredi 30 juin dans la salle des conférences du ministère des Affaires étrangères. Sans la composante ex-gouvernement et ses alliés de l'AMP, sans l'UDPS ni le Ciat.

L'UDPS n'a pas daigné prendre part à la première journée des travaux relatifs aux concertations politiques. Toutefois, ses combattants ont marqué de leur présence ces travaux en se faisant charger par la police qui les a soupçonnés de vouloir perturber l'ordre public et la sérénité des travaux.

Apparemment, c'était sur un ordre venu de nulle part. Les membres de l'opposition non institutionnelle se sont servis de cet incident pour tempêter et relancer le débat sur la sécurisation des personnes pendant la campagne électorale et lors des scrutins avec le vice-ministre de l'Intérieur.

Les combattants raflés par la PIR seront relâchés une heure plus tard, après concertations entre l'Inspecteur provincial de la police de la ville de Kinshasa et le commandant de la PIR en présence du vice-ministre de l'Intérieur et des opposants Jean-Claude Vuemba, Franck Diongo et Lusamba Tatcher.

La sérénité revenue, l'attention a été de nouveau captivée par l'ambiance qui régnait dans la salle des conférences. Des indiscrétions parvenues à la presse, il revient qu'un débat houleux, sous la modération du vice-président Azarias Ruberwa, a été ouvert sur la transparence des élections. Ce débat faisait suite à l'exposé du président de la CEI l'Abbé Malumalu sur le processus électoral et le déroulement des scrutins.

La grande préoccupation des participants a été axée autour des cinq millions de bulletins de vote excédentaires prévus par la CEI pour des électeurs mobiles. Ils cherchent à obtenir du président de la CEI des garanties sur la manière dont cet excédent de bulletins de vote devra être géré.

Il en est de même du serveur central de cette institution duquel sortiront les résultats des scrutins après le dépouillement et le traitement des données envoyées par tous les bureaux de vote éparpillés à travers le pays.

A noter que les concertations politiques n'ont été convoquées que la veille par voie de presse. Encore que la chaîne publique RTNC a refusé de diffuser la déclaration annonçant la rencontre. Ce qui, pour nombre d'observateurs, dénoterait d'un certain désintéressement de la part des pouvoirs publics qui ont le contrôle des médias publics.

D'aucuns y auraient même vu un zeste de précipitation dans le chef de trois mousquetaires qui n'ont pas cherché l'aval du Ciat avant d'annoncer la tenue de concertations.

La plupart des participants sont arrivés chacun à leur heure au motif qu'ils ont reçu leur carton le même vendredi. Les absents auraient préféré observer avant de s'impliquer, se disant que l'ordre du jour n'a pas été communiqué ni discuté à l'avance par les parties. « Nous avons l'invitation seulement ce vendredi, nous n'avons pas eu le temps de l'examiner au niveau des instances du parti pour décider de notre participation à ces concertations », a laissé entendre Me Mukendi, conseiller d'Etienne Tshisekedi wa Mulumba.

Qu'à cela ne tienne. Les discussions ont démarré avec ceux qui avaient répondu présents. Les Composantes et Entités ont été représentées au plus haut niveau, à l'exception de l'ex-gouvernement et ses alliés de l'Alliance de la majorité présidentielle (AMP) ; la société civile, l'opposition dite non institutionnelle.

Une quinzaine de candidats présidents de la République ont pris part aux travaux, dont Mme Nzuzi wa Mbombo (Mpr/Fait privé), Roger Lumbala (RCDN), Joseph Olenghankoy (Fonus), Pierre Anatole Matusila (Indépendant), Marie-Thérèse Landu, Lunda Bululu(RSF) et Kabatusuila. Les travaux se poursuivent ce samedi et personne ne sait préciser quel jour les travaux prendront fin.

QUELQUES IMPRESSIONS DES PARTICIPANTS

- Roger Lumbala : « L'objectif de ces concertations était que tous les citoyens congolais se retrouvent ensemble et parlent d'une seule voix pour l'organisation de notre pays. Pourquoi certains veulent de ces scrutins des élections exclusions ? Pouvez-vous aujourd'hui qu'il y ait eu réellement un lancement de la campagne électorale digne de ce nom ? Non, c'est l'arbitraire que nous condamnons. Je ne représente pas Etienne Tshisekedi, à moins que le Front pour la défense du Congo (FDC) soit invité.

- Marie-Thérèse : Pour moi le grand premier point, c'est l'après-30 juin ; le peuple a besoin de savoir ce qui va se passer. Le 2ème porte sur la transparence des élections. Il faut que de ces concertations il sorte un espoir pour notre peuple. Si c'est le contraire, ce sera lettre morte.

- Jean-Oscar Ngalamulume (Cides) : « Il s'avère que les Congolais sont déterminés à apporter autre chose par rapport à ce que nous avons connu pendant la transition des 36 mois. A la Cides, nous pensons que le moment est venu pour que les Congolais parlent le même langage parce que ce pays ne sera jamais reconstruit dans un climat de haine, d'exclusion et de vengeance. Nous pensons apporter des solutions proprement politiques aux questions actuelles, pénétrées d'intelligence et de raison. Les gouvernants qui étaient en charge de la transition ont démontré leur mauvaise foi parce qu'ils avaient tout le temps et tous les moyens pour organiser les élections selon les délais impartis. La Constitution de la transition a pris fin, nous sommes en train de négocier pour que les choses soient revues de manière qu'on aille aux élections dans l'apaisement et que l'on évite des problèmes qui pourraient nous ramener à une nouvelle rébellion.

- Lunda Bululu : « Les concertations se déroulent dans un climat serein. L'aboutissement dépend de la bonne volonté de tout un chacun. Nous continuons les travaux demain. L'absence de diplomates ? C'est un problème congolais, laissez les Congolais discuter entre eux.

- François Mwamba : « Nous voulons cheminer de cette manière ; que tout le monde vienne et que l'on continue ces travaux jusqu'au bout de manière à donner des gages à notre population. Si on veut aller aux élections, le MLC est prêt. Il y a un certain nombre de choses dont il faut parler avant. L'absence du Ciat ? Je m'en réjouis, en tant que Congolais. Soyons conséquents avec nous-mêmes ? On ne peut pas tout le temps dire qu'on nous impose et chaque fois que nous devons parler entre nous, la première chose que nous cherchons, c'est la présence du Ciat. Ayons le courage à un moment donné de prendre nous-mêmes les choses en main. Les Congolais ne sont plus propriétaires de leur pays ?

- Ernest Kaviro : « Depuis le début, le RCD/KML était ouvert à toute négociation à conditions que celles-ci ne mettent pas en péril le processus. Nous sommes contents que l'on ait discuté d'une manière qui dément les dires de ceux qui prétendent que les Congolais ne peuvent pas s'entendre. Nous sommes heureux d'avoir pris des mesures pour renforcer la transparence des élections. Restent d'autres points à l'ordre du jour, notamment l'accès aux médias qui a été évoqué au cours des discussions parce le communiqué annonçant cette réunion n'a pas été diffusé à la RTNC. Nous avons chuté sur la nécessité de l'inclusivité.

Ni l'UDPS ni le PPRD n'étaient dans la salle. Ils devront être là quand on va discuter de la question de l'après-30 juin et celle de la sécurité. Pour la date du 30 juillet, l'Abbé Malumalu a dit qu'elle n'était pas négociable, cela relevait de ses attributions.


Copyright © 2006 Le Potentiel. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire — ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 130 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations d' AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

Comments Post a comment