Signalée à l'Ouest, la peur de la maladie fait du chemin dans la province du Nord-Ouest
L'épidémie de la peste porcine africaine n'épargne pas le Nord-Ouest. Le gouverneur de la province suivi dans sa démarche par le premier adjoint préfectoral de la Mezam Sombe Simon ont récemment pris deux décisions interdisant formellement le mouvement ou la commercialisation des porcs entre les provinces du Nord-Ouest et de l'Ouest. Malgré ces décisions, certains commerçants véreux de la province de l'ouest passent par des chemins détournés et inondent les marchés du Nord-Ouest de ces bêtes. Le Dr. vétérinaire Yesi a récemment déniché un cas frappant. Interpellé à Santa puis relaxé pour cause d'absence de structure communale de conservation ou de mise en fourrière, un de ces commerçants s'est retrouvé le lendemain avec les mêmes bêtes au marché de Guzang dans le département de la Momo.
Afin de sensibiliser éleveurs et commerçants sur le fléau, d'organiser la filière porcine et surtout d'améliorer la productivité la North West Livestock Development Fund (Cdno), en partenariat avec Prolicom, a organisé un séminaire d'un jour à Bamenda jeudi 22 juin 2006.
Ce séminaire rentrait dans le cadre d'une convention signée entre les deux structures en 2003 et qui consistait à développer l'élevage (volaille, porcine, vache laitière et bovin) dans le Nord-Ouest. Tous les participants venant des quatre coins de la province ont été unanimes à reconnaître le bien-fondé de ce séminaire, qui vient à point nommé à un moment où la peste porcine africaine est aux portes de la province, provoquant une peur généralisée parmi les éleveurs.
Les explications du vétérinaire Ndi Christopher consistaient à amener les éleveurs à vivre avec cette épizootie si la province venait à être infectée, car aucun médicament ne peut la guérir, la seule mesure prophylactique consistant en une bonne l'hygiène.
Provoquée par un virus, la peste porcine se présente comme une infection très contagieuse, caractérisée par un état fébrile élevé. Le porc frissonne, reste couché, prostré, les yeux clos par des paupières gonflées. La démarche devient chancelante et des taches rouges apparaissent aux oreilles et aux membres. "La mort est presque inéluctable après une maladie qui peut durer une huitaine de jours au cours de laquelle l'animal maigrit progressivement", a expliqué le vétérinaire Ndi Christopher pour qui "l'autopsie d'un porc malade laisse entrevoir des ganglions hémorragiques, un côlon portant des ulcères". La rate, les reins, la vessie, le système nerveux portent également des lésions.
Faut-il signaler que depuis la découverte en 1921 au Kenya, de cette maladie par Eustacc Montgomery, aucun vaccin efficace n'a jusqu'ici été trouvé contre la peste porcine africaine.
La seule mesure préventive, s'accordent les vétérinaires, consiste essentiellement à pratiquer une bonne hygiène dans sa ferme : assurer la propreté de sa ferme, prohiber son accès à tout étranger, construire des bassins de bain de pieds à l'entrée de porcherie et renouveler au jour le jour les produits désinfectants. Mettre en quarantaine ceux des porcs atteints de la maladie, désinfecter une fois par mois sa porcherie : la liste n'est pas exhaustive.
C'est sur cette éducation à la prévention que le directeur administratif Mokom Daniel Njawah de la Cdno a axé ses propos dans son discours. L'objectif recherché étant l'amélioration, mieux l'accroissement de la productivité des porcs, source de richesse pour celui qui sait s'y prendre a-t-il noté. Saisissant cette occasion, il a annoncé l'acquisition par ses structures de 75000 doses de vaccins pour les autres maladies.

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