Kinshasa — Promotrice de l'Ong dénommée « Ecole du Cep », Mme Françoise Matonda Semeli, préoccupée par la situation actuelle de la Rdc, émet son opinion sur le climat qui règne au sein de la classe politique congolaise.
Il s'agit d'un moment de turbulence, dit-t-elle, invitant les politiciens à la diplomatie et l'autocritique. En outre, l'invitée du journal n'est pas indifférente vis-à-vis de la situation actuelle de la Congolaise confrontée à l'approche genre. Concept que Françoise estime être mal compris par la plupart des Congolaises.
Epouse de Jean-Pierre Semeli, Françoise Matonda Semeli veut établir une différence entre cette période et les années écoulées au sujet de la situation de la femme. Son constat est positif.
Elle reconnaît que la femme a fait du progrès et qu'elle n'est plus reléguée au second plan.
Autrefois, rappelle-t-elle, la femme ne faisait pas entendre sa voix. « Elle est restée longtemps derrière l'homme. C'est à croire qu'elle n'avait rien à apporter au développement du pays qui s'est servi durant ce temps de la femme comme soutien à sa propre vision ».
Cette vision n'était pas forcément mauvaise, dit Françoise, affirmant que la femme, douée d'intelligence, peut mettre ses compétences au service de la société.
Tel est le défi qu'elle veut relever en posant sa candidature à la députation nationale pour le district du Mont Amba, à Kinshasa.
GENRE ET ELECTIONS
« Les élections sous-entendent le vote. Le peuple vote sans tenir compte du sexe. C'est un choix opéré par rapport à sa conviction personnelle vis-à-vis du candidat », explique-t-elle, en appuyant fois les candidatures féminines à la présidentielle et aux législatives. Par ailleurs, elle contredit ceux qui pensent que les femmes candidates perdent leur temps en briguant la magistrature suprême ou d'autres postes. « Ils n'ont pas encore compris que le peuple congolais est au tournant de l'histoire de son pays, où tout le monde doit se tenir la main pour travailler. C'est ce qui justifie même le principe de la parité », martèle Mme Semeli.
Elle s'inquiètedu fait que le concept parité ne soit pas très bien appréhendé par bon nombre de Congolais. De ce fait, il y a encore du travail à faire au niveau de la sensibilisation sur ledit concept. Sa préoccupation est que tous parviennent à la même comphrénsion de l'approche genre, en commençant par la femme elle-même. « Il faudra rester dans le contexte où l'homme et la femme se complètent », dit-elle. Félicitant le combat de la femme, elle ajoute que celle-ci ne doit pas, toutefois, confondre la parité avec le Mouvement de la libération féminine (Mlf).
MOMENT DE TURBULENCE
S'agissant de la situation actuelle de la Rdc, Mme Françoise Semeli affirme que le pays traverse un moment de turbulence. « Les uns et les autres s'agitent à tort ou à raison. Chacun y va de ses idées ou de sa vision. Il est vrai que nous sommes au tournant de l'histoire de notre pays », dit-elle encore.
Son souhait est qu'en cette période de campagne électorale, chaque politicien fasse preuve de compréhension et d'acceptation vis-à-vis de l'autre, en faisant l'effort de comprendre l'autre et de défendre des idées par rapport à un idéal. « Il ne faut pas profiter du temps accordé par les médias pour injurier l'autre. C'est dommage que les gens aient actuellement tendance à manquer d'élégance dans leur propos en condamnant l'autre partie », déplore-t-elle, avant d'insister sur l'art de l'autocritique, la diplomatie et la courtoisie. D'autre part, elle signale que « l'opposition n'implique pas l'inimitié ».
Françoise Matonda Semeli est bénéficiaire de plusieurs formations organisées par Unifem (l'Organisation des nations unies pour la femme).
Elle salue l'action de cette agence onusienne qui, selon elle, amène la femme à se connaître, à se découvrir et à participer activement à son propre développement et à la gestion de la chose publique, au lieu de rester passive.
Enfin, elle souhaite que les épouses des hommes politiques usent de beaucoup de sagesse pour savoir, dans certains cas, orienter leurs maris.
Aucune préférence
Diplômée d'Etat en section scientifique de l'Institut du Mont-Amba, Françoise Matonda Semeli termine actuellement une licence en informatique de gestion à l'Institut supérieur d'informatique, programmation et analyse (Isipa). Côté nourriture, elle n'a aucune préférence. Elle avoue ne pas être très à l'aise en pagne.
Françoise aime porter des jupes, pantalons et des tailleurs et se coiffer d'une manière « pas trop classique ». Elle a un penchant pour la lecture. Elle déteste les rumeurs non fondées.

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