13 Juillet 2006
La tendance serait à la hausse depuis une étude sud-africaine indiquant que la coupure du prépuce protégerait à 60% contre le virus.
La circoncision nouvelle arme de prévention contre le sida ? Les Swazis semblent y croire. Ils seraient de plus en plus nombreux à se faire couper le prépuce pour se protéger de la maladie, dans ce petit pays qui «détient le triste record du plus fort taux de séroprévalence au monde», rapportait en 2005 le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (Unicef). Qui précisait qu'«en cinq ans, l'espérance de vie est passée de 58 à 39 ans».
L'augmentation de la circoncision serait née d'une étude menée en 2005 dans la province sud-africaine du Gauteng, qui concluait que les hommes circoncis âgés entre 18 et 24 ans avaient 60% de chances en moins de contracter le virus du sida.
Un médecin généraliste de l'Hôpital gouvernemental de Mbabane rapporte, pour sa part, que l'augmentation est vraiment forte. «Une semaine après l'annonce à la radio de l'étude faite en Afrique du Sud, les gens sont venus en masse et de façon soutenue et ça n'a pas baissé depuis, assure-t-il. Il y a surtout des jeunes d'une vingtaine d'années et des parents qui viennent avec leurs bébés ou des enfants en bas âge. Les parents disent le faire pour des raisons religieuses, mais ils veulent aussi protéger leur enfant contre un mal auquel il sera confronté plus tard. Les adultes disent qu'ils veulent se protéger de la maladie, sans citer le sida, ou être propres».
Alors que certains acteurs de santé craignent que l'étude sud-africaine ne fasse reculer l'usage du préservatif et que les circoncis se sentent immunisés contre la maladie, dans un pays où, comme dans beaucoup d'autres en Afrique, le port du condom n'est déjà pas un réflexe. Mais la circoncision pourrait, au lieu de protéger si cette vertu est avérée, causer de graves problèmes sanitaires. Comme la contamination par le sida, si les règles d'hygiène ne sont pas respectées, ou même la mort, en cas de ratage de l'opération par de soi-disant circonciseurs. Par aiilleurs, on craint que la promotion des relations sexuelles protégées ne tombe aux oubliettes.
D'ici quelques semaines, d'autres résultats sont attendus. L'Ouganda et le Kenya ont mené une expérience similaire à celle de l'Afrique du Sud. Le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (Onusida) ne manquera certainement pas de se pencher dessus : suite aux conclusions sud-africaines, dévoilées lors de la troisième Conférence de la société internationale sur le sida et le VIH de Rio de Janeiro (Brésil, 24 au 27 juillet 2005), il a commencé à développer, avec notamment d'autres organismes onusiens, un Plan de travail des Nations Unies (Onu) sur la circoncision.
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