Afin de mettre fin à l'anarchie qui caractérise le marché des fruits et légumes le ministre de l'Agriculture et du Développement rural, M. Saïd Barkat, a appelé hier, lors d'une conférence-débat au forum d'El Moudjahid, «les communes à prendre en charge la construction de ces marchés», après avoir déclaré que «nous maîtrisons plus la régulation de ces marchés».
La gestion des marchés de gros a échappé depuis déjà quelques années au contrôle des pouvoirs publics, c'est d'ailleurs une réalité qui a été accentuée par l'absence flagrante des régulateurs des marchés de gros dans la plus part des wilayas. Ce qui a d'ailleurs, favorisé la spéculation sur les prix des légumes et des fruits, engendrant la flambée des prix à la veille de chaque mois de Ramadhan et à l'occasion des fêtes religieuses.
Cette situation demeure au moment où l'Algérie enregistre depuis quelques années, un excédent de plusieurs produits agricoles, « la production nationale a enregistré 20 % d'excédent durant les cinq dernières années [ .]. Nous ne parlons plus maintenant d'autosuffisance mais de sécurité alimentaire», souligne le ministre. Le secteur a, d'après les statistiques présentées par le ministre, connu une croissance de 8 %, assurant une valeur ajoutée de pas moins de 511 milliards de dinars en 2005, cette année elle a été revue à la hausse, elle est passée à 624 milliards de dinars soit 8,4 milliards de dollars. Toujours en matière de chiffres, M. Barkat a annoncé que «la production de blé n'est plus rentable en Algérie, cela dit nous assurons 60 % de nos besoins en la matière», la différence est importée. Pour ce qui est de la viande, la demande nationale est satisfaite et nous pouvons même exporter, en ce qui concerne la production laitière, le conférencier a souligné que «la demand e du marché est de 3 milliards de litres alors que la production laitière atteinte cette année dépasse 2 milliards de litres de lait cru, on atteindra les 3 milliards de litres l'année prochaine», notons, que le secteur a permis la création de plus d'un million de postes d'emploi. S'appuyant sur ces résultats, le ministre a invité les opérateurs économiques nationaux à se lancer dans l'exportation : «J'appelle les opérateurs à exporter l'excédent de la production nationale.» Une démarche qui ne semble pas être facile pour eux puisque la culture de l'exportation ne fait pas partie du quotidien du monde des affaires algérien. Les lourdeurs administratives et les problèmes de stockage, du transport et beaucoup d'autres entraves bloquent les opérateurs.
Dans le même sillage le ministre a affirmé que «le budget d'équipement de son département est l'un des plus faibles». Sur un autre plan, le ministre n'a pas omis de rappeler les lenteurs de la BADR (Banque de développement rural) en matière de remboursement des industriels du secteur agricole, «la BADR a des problèmes de gestion interne, elle est actuellement à son troisième directeur [ ], patientez vous serez remboursé». En outre, le premier responsable du secteur agricole a annoncé que «plusieurs représentations diplomatiques algériennes à l'étranger ne disposent pas de services chargés des affaires économiques». C'est une situation défavorable pour un pays qui a proposé d'importantes opportunités d'affaires, qui ne trouvent d'ailleurs pas encore preneur.

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