La Tribune (Algiers)

Algérie: L'emploi saisonnier perd du terrain

Les emplois saisonniers n'ont pas connu d'évolution significative ces dernières années marquées par une crise de l'emploi tout court.

Même s'il est plus ou moins facile de cerner les secteurs et les périodes où l'emploi saisonnier prend le dessus sur les autres natures de contrat de travail, il est néanmoins quasiment impossible d'avoir des statistiques officielles sur le sujet. Un responsable à l'APC de Tizi Ouzou affirme que les emplois saisonniers n'existent pas dans la nomenclaturedes prestations de service de la commune et ce, «depuis plusieurs décennies» et que ceux-ci ont été remplacés par le personnel contractuel. Dans les chefs-lieux urbains, nous avons remarqué que la tendance est la même, que parler d'emploi saisonnier paraît dépassé, pourtant les besoins de la cité sont là qui demandent à être pris en charge durant par exemple la période estivale d'autant qu'en ville, il est presque impossible, en dehors des collectivités locales, pour un lycéen ou un étudiant de trouver un travail temporaire pour se faire un peu d'argent de poche. «En été nous enregistrons une baisse des effectifs en raison des congés annuels dans ces créneaux qui ont besoin d'un suivi continu, tels la voirie et les guichets de l'état civil.

Les autorités auraient bien fait si elles avaient pensé à faire appel à des jeunes chômeurs pour réduire ce manque», affirme un autre cadre d'une commune, chef-lieu de daïra. Il explique que durant la période chaude, il y a une augmentation sensible des ordures ménagères qui, si elles ne sont pas ramassées à temps, peuvent propager des maladies dans le milieu urbain et nous n'avons pas assez d'agents pour faire face au manque de personnel en cette période et n'avons pas la latitude de recruter pour un temps très restreint.

Les travailleurs saisonniers peuvent combler ce vide, mais comment les embaucher ?» observe-t-il, impuissant.

En dehors des villes, le problème est cependant tout autre. Dans les localités limitrophes avec la vallée du Sebaou, la culture maraîchère et celle des fruits de saison, tels la pastèque et le melon, sont intimement liées aux traditions agraires de la région. En été, dès les premiers jours de vacances, des collégiens et même des enfants prennent d'assaut les champs de pomme de terre et autres cultures.

Pour répondre aux besoins en main-d'oeuvre ouvrière des agriculteurs mais et surtout pour se faire de l'argent suffisant pour passer le jeudi ou le vendredi à Tigzirt ou à Azeffoun au bord de la plage. Dès l'aube, pour se permettre une pause aux heures les plus chaudes, ils sont par dizaine à semer et à cueillir sous l'oeil du propriétaire heureux de s'offrir des bandes de jeunes prêts à tout pour 300 ou 400 DA/jour. Des agriculteurs ravis d'avoir autant d'énergie sans payer le moindre centime à l'assurance, les travailleurs n'étant pas déclarés.


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