L'Avenir (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Des universitaires demandent aux politiciens de militer pour l'intérêt national

Le Centre Interdisciplinaire pour le Développement et l'Education Permanente (Cidep), avec l'appui matériel et financier de la Commission Electorale Indépendante (Cei), a organisé, du 17 au 19 juillet au Centre Bondeko de Limete, un atelier sur la contribution des universitaires à la réussite du processus électoral en République démocratique du Congo.

Pendant trois jours, les 150 participants ont débattu sur la protection des acquis du processus électoral, ses écueils et la gestion de l'Etat durant la campagne électorale. Trois objectifs principaux étaient poursuivis par cet atelier. En substance, éveiller la conscience des universitaires congolais sur la nécessité des élections et sur les règles du jeu électoral actuel en République Démocratique du Congo, faire connaître les textes de loi régissant le processus électoral et, amener les universitaires à un comportement responsable dans le choix des dirigeants de demain. Dans sa communication de clôture mercredi, le président de la Cei, M. l'abbé Apollinaire Malu Malu a d'une façon succincte fait l'état des lieux du processus électoral en cours en République démocratique du Congo.

Par rapport à ce processus, a-t-il dit, les congolais sont arrivés à une étape décisive, celle de la tenue des élections présidentielles et législatives, prévue le 30 juillet. Il a ensuite parlé de trois étapes du processus électoral, à savoir les phases préélectorale, électorale et postélectorale. Pendant ces assises, les participants ont fait des recommandations en ce qui concerne les acquis du processus électoral, le financement des partis politiques... Sur le plan politique, les participants ont exigé que la classe politique se dépasse pour ne considérer que l'intérêt supérieur de la nation et le bien-être de la population ; que les échéances prévues au niveau provincial et local soient respectées pour ne pas créer un clivage entre les villes et les campagnes ; que le brassage de l'armée soit assuré ; que l'autorité de l'Etat sur toute l'étendue du pays soit rétablie ; que la réconciliation nationale soit totalement faite ; que la reconstruction du pays soit effective ; que le processus électoral soit pris en charge par le gouvernement congolais et que l'apport étranger vienne en appui ; que le gouvernement soit celui d'union nationale où toutes les tendances sont représentées pour favoriser la cohésion nationale.

Concernant le financement des partis politiques, les participants ont souhaité à ce que l'Etat congolais puisse arrêter des dispositions et des modalités pour le financement des partis politiques en vue de permettre aux différents postulants de battre campagne dans une égalité de chances. Sur le plan juridique les participants audit séminaire ont demandé aux congolais en général et à la classe politique en particulier d'avoir la culture du respect des texte s légaux et de la parole donnée.

Au peuple congolais, les participants ont recommandé la réconciliation en trois étapes, à savoir : les gouvernants entre eux, les gouvernants et les gouvernés, et les gouvernés entre eux. Ils ont en outre recommandé la normalisation des relations avec tous les voisins, singulièrement avec le Rwanda, le Burundi et l'Ouganda, ainsi qu'une vigilance tous azimuts face au néo-colonialisme politique, économique, culturel et militaire naissant.

Ne s'arrêtant pas en si bon chemin, ils ont également recommandé la poursuite de l'effort de pacification, d'unification et le brassage de notre armée ; la prise en charge des militaires et de la police par la construction de nouvelles casernes, l'élimination de toutes tracasseries policières et le payement d'une solde décente.


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