Electronicien, il a bénéficié des financements du programme national d'appui à l'auto-emploi.
Dans le cadre de la visite des unités de production soutenues par le gouvernement camerounais à travers le Programme national d'appui à l'auto-emploi, les ministres Zacharie Perevet, de l'Emploi et de la Formation professionnel, et Bernard Messengue Avom, des Petites et moyennes entreprises (PME), ont fait escale, il y a quelques jours, au carrefour Bata Nlongkak à Yaoundé, où est installé Nyoma Technology.
Un atelier de maintenance électronique qui, avec l'aide du Fonds national de l'emploi (FNE), a mis sur pied une machine à compter les pièces de monnaie. Apparemment fier de sa création, Jean Paul Nyoma est passé à la démonstration. Sur un appareil dont le sélecteur oscille entre les chiffres 10 et 2000, l'inventeur clique sur le chiffre 50. Du coup, devant un public émerveillé, le bec de l'appareil déverse exactement les 50 pièces de monnaie commandées...
"L'idée de créer cet appareil est survenu quand j'ai vu la peine que se donnaient les exploitants de casinos pour compter manuellement l'argent. Après un an et demi de recherche, j'ai, en 2004, inventé cet appareil numérique, afin de faciliter le comptage de pièces", raconte Jean Paul Nyoma. Se souvenant avoir arrêté ses études en classe de 5ème, cet électronicien de 46 ans est un parfait autodidacte. Car, prétend-il: "Dans un rêve, deux vieillards m'avaient remis un trousseau de clefs. Quelques jours après ce songe, sans avoir été apprenti et sans le sou, j'ai aménagé au domicile familial, un endroit où je pouvais dépanner tous types d'appareils électroniques. Une passion qui ne m'a pas quitté depuis 23 ans".
La machine à compter les pièces n'est pourtant pas la première découverte de Jean Paul Nyoma. "En 2004, pendant la grande période de délestages qu'a connue Yaoundé, je ne parvenais pas à satisfaire mes clients. J'ai dû inventer un accumulateur d'énergie, qui devait me rendre autonome.", raconte-t-il. Le "Groupe emectro-secours", selon son inventeur, fournit le courant électrique grâce à une batterie spécialement installée. Avec une autonomie de six heures, il a une puissance de 250 watts. L'appareil peut ainsi, selon son concepteur, alimenter, sans risque, un téléviseur, un lecteur de casettes, une chaîne musicale, un magnétophone, un ordinateur et diverses lampes. Il coûte 65.000 Fcfa, alors que le prix des machines à compter l'argent varie selon leur capacité. Selon qu'on désire une machine à 900 ou de 5000 pièces, les prix vont de 140.000 à 250.000 Fcfa.
Avec l'aide du ministère de l'Industrie, des Mines et du Développement technologique, Jean Paul Nyoma, qui emploie une dizaine de jeunes Camerounais dans sa PME, devrait obtenir bientôt son Brevet d'invention à l'Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi). Inscrit dans le programme d'appui du FNE, après étude de son dossier, il a obtenu un crédit de 2,8 millions de Fcfa pour l'extension de ses activités. Mieux, Camille Mouthé à Bidias, le directeur général du FNE, marqué par le "génie" de Jean Paul Nyoma, lui a promis, pour cette année, un stage de perfectionnement de trois mois en Allemagne.

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