Le Quotidien Mutations (Yaoundé)

Cameroun: Judo - Bertrand Mendouga dépose les clés

Le président de la fédération quitte la barque au cours d'un conseil d'administration extraordinaire.

Bertrand Mendouga était acculé par les membres du conseil d'administration de la Fédération camerounaise de judo (Fécajudo), dont il est le président depuis avril 2005. C'est d'ailleurs pour cela qu'il ajournait les différents conseils d'administration programmés plusieurs mois à l'avance, jusqu'à ce 23 juillet 2006.

Ce jour-là s'est tenu un conseil d'administration extraordinaire de la Fécajudo dans la salle de conférence du ministère des Sports et de l'Education physique (Minsep) avec comme seul point à l'ordre du jour, la situation à la présidence de la Fécajudo. Devant les deux commissaires du gouvernement, Cécile Betala, directeur des Normes et du Suivi des organisations sportives et Ebenezer Moloke, chef de la cellule juridique du Minsep, celui qui est désormais l'ancien président de la Fécajudo a décidé de quitter la présidence de cette association sportive.

Une décision prise après les nombreux griefs adressés à son endroit par les membres du conseil d'administration de la Fécajudo. Ceux-ci reprochent principalement à Bertrand Mendouga une mauvaise gestion des hommes et des finances et son absence répétée aux différentes activités de la Fécajudo. A titre d'illustration, le chef du département financier, Joseph Obama Nguini, n'a jamais joué ce rôle à la Fécajudo.

Encore que s'il avait le choix, Bertrand Mendouga n'aurait jamais convoqué cette rencontre. N'eût été la correspondance N°939/Minsep/Sg/Dnsos en date du 17 juillet 2006 signée du secrétaire général du Minsep, Paul Hamadou, rappelant les termes de celle du N°736/Minsep/Sc/Dnsos du 14 juin 2006 et invitant le président de la Fédération camerounaise de judo à organiser ledit conseil d'administration avant le 23 juillet 2006 et de lui communiquer toutes les résolutions prises. Bertrand Mendouga était donc hors délais lorsqu'il a convoqué le conseil d'administration.

Après la démission verbale de Bertrand Mendouga, les commissaires du gouvernement ont eu recours aux textes (non adoptés) de la Fécajudo qui stipulent qu'en cas de vacance à la tête de la fédération, le premier vice-président doit lui succéder. Benoît Ondobo est donc chargé de gérer les affaires courantes. "Pour le moment je m'occupe de l'administration de la fédération. Je compte convoquer dans les plus brefs délais un conseil d'administration extraordinaire au cours duquel seront adoptés les textes de la Fécajudo. J'ai certes trois mois pour le faire, mais je ne pense pas qu'on atteindra cette date", indique Benoît Ondobo.

Par ailleurs, c'est au moment de l'adoption des textes qu'on saura si Benoît Ondobo restera à la tête de l'association sportive jusqu'à la fin du mandat de Mendouga en avril 2009. Ou bien il faudra aller de nouveau aux élections. "En réalité, s'il faut tenir compte des textes qu'on devra adopter, je resterai à la tête de la fédération. Mais, si les membres du conseil d'administration contestent cette disposition, on sera obligé de convoquer une assemblée générale élective.  Le plus important pour nous est de présenter l'image d'une fédération responsable et de préparer dans la sérénité notre participation aux Jeux olympiques en 2008 à Pékin", poursuit-il. Bertrand Mendouga ayant désenfilé le judogi, on espère que tout rentrera dans l'ordre dans cette fédération, qui est dans la tourmente depuis de nombreux mois, pour avoir élu un président de fédération obnubilé par la boxe.


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