OLIVIER DIOSO
28 Juillet 2006
Kinshasa — Deux avions français de type Mirage et deux hélicoptères allemands CH 53 ont survolé, hier jeudi 27 juillet 2006 dans l'après-midi, le ciel congolais. Les premiers pour un vol de reconnaissance sur Kinshasa, Mbandaka et Gbadolite tandis que les seconds pour un vol technique au-dessus de la base aérienne de Ndolo et de l'aéroport de Ndjili. Le lieutenant-colonel Thierry Fusalba, porte-parole de la Force de l'Union Européenne au Congo (EUFOR), l'a fait savoir à la Halle de la Gombe au cours de l'échange hebdomadaire avec la presse kinoise.
Pourquoi Mbandaka et Gbadolite, après la capitale ? Le porte-parole de l'Eufor a dit que ces villes font partie des zones opérationnelles de la Force européenne qui a besoin de plates-formes aéroportuaires. Des vols de reconnaissance, a-t-il fait valoir, seront organisés dans d'autres villes situées dans le rayon d'actions de l'Eufor.
Par ailleurs, il a tenu à rassurer les Kinois sur le survol de Kinshasa par les hélicoptères dont les «ventres» sont munis de deux fusées. Lesquelles peuvent se détacher à cause des ondes magnétiques lâchées par les antennes disséminées à travers la ville de Kinshasa.
Fusées qui ne présentent aucun danger, a-t-il souligné, car elles peuvent se désintégrer avant d'atteindre le sol. Et même au sol, elles n'exploseront pas, a ajouté le lieutenant-colonel Thierry Fusalba, qui a seulement déconseillé de ne pas les toucher, car encore brûlantes.
Cette démonstration est dissuasive. En effet, l'hôte de la presse a indiqué que c'est pour montrer la capacité d'intervention de l'Eufor lorsqu'elle est appelée à contrer d'éventuelles perturbations du processus électoral. Cela, a-t-il insisté une fois de plus, ne peut se faire que sur demande de la Mission des Nations Unies au Congo (Monuc). L'Eufor étant une force de réserve. Il a saisi cette opportunité pour rappeler le fait que, contrairement à ce que bien des Congolais s'imaginent sur le rôle de cette Force européenne, celle-ci ne constitue pas une menace pour la République démocratique du Congo. La mission lui confiée par l'Onu, sur demande des autorités congolaises, est de sécuriser le processus électoral en soutien à la Monuc pour la bonne tenue des élections.
Sans oublier de répéter que l'Eufor n'a ni mission ni agenda cachés et ne soutient aucun candidat à tous les niveaux de scrutins.
C'est pourquoi, le lieutenant-colonel Thierry Fusalba a signalé le cantonnement, le dimanche 30 juillet prochain - jour de vote - de tous les éléments de l'Eufor. Cela pour ne pas prêter le flanc aux critiques négatives dont la Force de l'UE est arrosée ces derniers temps.
A la question de savoir ce que peut envisager cette dernière au cas où un candidat ex-belligérant perdant décidait de reprendre les armes, il a laissé entendre que les Européens n'interviendraient qu'en dernier ressort à la demande de la Monuc après que celle-ci et les Forces armées de la RDC l'auraient jugé nécessaire. Toutefois, il n'a pas manqué de donner son avis personnel sur le comportement des candidats à une élection quelconque. Il a d'abord fait observer que toute élection démocratique engendre des contestations et enregistre toujours des déçus. Avant de noter que la grandeur d'un candidat, c'est de se reconnaître dans la défaite ou dans la victoire.
S'agissant de leur séjour de quatre mois après les élections, le lieutenant-colonel Thierry Fusalba a avancé que les éléments de l'Eufor marqueront leur présence notamment par la marche en ville, des vols de reconnaissance, la poursuite des travaux à Ndolo et par l'assistance aux ONG en distribuant les vivres et autres matériels aux bénéficiaires.
Auparavant, l'Amiral Bess, adjoint au commandant de la Force, le général Damay, avait déclaré qu'avec la logistique dont l'Eufor est dotée, elle est en mesure, aujourd'hui, de mener les actions dans les zones opérationnelles lui confiées.
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