Cameroon Tribune (Yaoundé)

Cameroun: Blocages chez Wackenhut

Josy Mauger

30 Août 2006


Malgré la libération du directeur général, la situation reste confuse. Avec d'autres désagréments.

Le directeur général de la société de gardiennage Wackenhut, Joseph Biyiwoh a été libéré lundi dernier. Il était retenu en otage depuis quelques jours à la direction des opérations de ladite entreprise à Bonapriso. Les agents qui le retenaient ont dû plier l'échine et le laisser partir. Comme l'indique Georges, l'un de ses " bourreaux ", c'est après concertation avec madame l'Inspecteur provincial du Travail qu'ils ont décidé de libérer le directeur général. " Elle nous a expliqué qu'il était inutile de le retenir, parce c'était un maillon essentiel de la chaîne. Sans lui, les négociations à Yaoundé ne pouvaient pas vraiment aboutir ".

La grève des agents de sécurité de la société de gardiennage Wackenhut, entamée depuis plus d'une semaine, n'est pas prête de s'arrêter. Dans la plupart des grosses villas et autres duplex des quartiers chics de la ville, qui utilisaient leur service, c'est la désolation. La hantise des agressions habite ces gens. Certains patrons se sont eux-mêmes transformés en vigiles, ce sont eux-mêmes qui ouvrent maintenant leur portail, non sans avoir jeté un coup d'oeil par le juda. Ailleurs, les ménagères ont reçu des consignes fermes : n'ouvrir sous aucun prétexte le portail à un étranger. " C'est pénible lorsqu'on a été habitué à avoir des gardiens et qu'on se retrouve tout seul, cela fait peur ", explique dame Zongo au quartier Bonapriso. Avec tout ce qu'il y a comme agressions dans la ville de Douala, on peut la comprendre. Certaines sociétés de gardiennage ont même proposé leurs services à des entreprises. Celles-ci assurent le relais dans les domiciles en attendant que Wackenhut reprenne du service.

Les agents de Wackenhut sont fermes : si leur nouveau contrat n'est pas arrêté, ils ne reprennent en aucun cas le service. Georges et ses compères ont été indexés par les administrateurs comme étant les instigateurs de ce mouvement de révolte. Selon eux, ils ne sont en rien coupables de ce qui arrive, les agents veulent juste que leurs droits soient payés en bonne et due forme. " En attendant, nous avons été virés de l'entreprise, nous sommes juste des boucs émissaires ". Georges et ses trois amis espèrent néanmoins être réintégrés dans l'entreprise malgré les menaces qu'ils ont reçues. " J'ai été convoqué par le préfet du Wouri, la gendarmerie de légion à Bonanjo et au commissariat ". Mais, selon lui, leur destin repose entre les mains du gouvernement et les administrateurs de Wackenhut.

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