Christophe Bobiokono
30 Août 2006
La première mission de l'institution internationale depuis le point d'achèvement est au Cameroun.
La revalorisation des salaires des agents de l'Etat n'est pas encore à l'ordre du jour. C'est ce que les journalistes présents hier, mardi 29 août 2006 au ministère de l'Economie et des Finances, ont retenu de la rencontre qui a mis face à face les membres de la mission du Fonds monétaire international (Fmi) arrivés au Cameroun la veille, à la partie camerounaise. En réponse à la question d'un journaliste, qui souhaitait savoir ce que le Fmi réservait aux attentes exprimées par les Camerounais suite à l'admission de leur pays au point d'achèvement de l'initiative Ppte (notamment la hausse des salaires des fonctionnaires), le Mauricien, Dhaneshwar Ghura, chef de la mission, s'est contenté de dire que le document de référence de leurs discussions avec le Cameroun était désormais la déclaration faite par le président de la République au lendemain du franchissement de l'initiative Ppte. Traduction : ces préoccupations ne figurent pas dans leur agenda.
Hier, au cours de leur première rencontre dans le cabinet de Polycarpe Abah Abah, il était question, pour les deux parties, d'arrêter les thèmes à aborder ainsi que le calendrier des leurs rencontres tout au long de la mission qui s'étalera jusqu'au 11 septembre 2006. En gros, a-t-on appris d'une source qui a pris part au huis clos, l'évaluation des "réformes structurelles" engagées par le Cameroun et le suivi de l'exécution du budget de l'Etat feront partie de l'agenda. De même, une réflexion devrait être engagée sur l'élaboration de l'avant projet de loi de finances pour l'exercice 2007, selon le vÅ"u de la partie camerounaise, qui espère faire parvenir le document à l'Assemblée nationale dans les délais. Comme l'année dernière. Il est par ailleurs prévu, a-t-on appris, une rencontre entre les experts du Fmi et les responsables du secteur privé camerounais.
Par ailleurs, a indiqué notre source, le ministre de l'Economie et des Finances a exprimé le souhait que la flambée des prix du carburant sur le marché international et les attentes des populations après le point d'achèvement soient prises en compte dans l'élaboration de la suite du programme des réformes. De même, la question de l'utilisation des recettes pétrolières devrait être évoquée avec les experts du fonds.
La mission du Fmi au Cameroun, qui se tient dans le cadre de la deuxième revue du programme de réformes économiques et quelques perspectives économiques au Cameroun soutenu par le Fmi à travers la Facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance (Frpc), selon le communiqué de la représentation de l'institution au Cameroun, est la première qui se tient au lendemain du point d'achèvement franchi fin avril 2006. Ce sera l'occasion d'analyser les développements économiques et financiers, la mise en oeuvre des réformes structurelles, les perspectives économiques à court et moyen termes et autres mécanismes mis en place pour une utilisation efficace des ressources issues de l'allègement de la dette pour la période triennale 2006-2008.
A titre de rappel : l'atteinte du point d'achèvement par le Cameroun le 28 avril 2006était assortie de conditions. Il s'agissait d'une sorte de but "accordé avec faute", comme nous l'avions écrit à l'époque. Le Cameroun, toujours pris en défaut sur de nombreux points qui conditionnent ses relations avec les bailleurs de fonds internationaux, était contraint de prendre certains engagements. La poursuite de la lutte contre la corruption, la poursuite des privatisations (notamment la Camair et Camtel), l'amélioration de la dépense publique (surtout concernant la consommation des financements Ppte destinés à la lutte contre la pauvreté), l'instauration de la transparence dans la gestion publique, etc. font partie des points sur lesquels les experts du Fmi vont se montrer pointilleux.
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