L'Express (Port Louis)

Ile Maurice: Le pays encore peu visible sur le radar des investisseurs étrangers

Port Louis — La quête aux investissements directs étrangers (IDE), une course difficile où il faudra mettre en valeur plusieurs atouts pour réussir. Eric Noitakis, conseiller économique de l'Ambassade de France à Maurice, estime qu'il faut déjà être dans le peloton de tête pour se faire remarquer par la communauté internationale des investisseurs.

Il intervenait hier lors du Business Forum mensuel de la Jeune chambre internationale (JCI) de Port-Louis au siège de l'Alliance française à Bell-Village. Le thème du forum, "L'ouverture de l'économie aux investisseurs, experts et avocats étrangers : une chance pour Maurice ?"

La course aux IDE, c'est un peu comme un concours de beauté, explique Eric Noitakis. "C'est celle qui est la plus sexy et qui possède le plus grand nombre d'atouts qui remporte la compétition." En d'autres mots, pour pouvoir séduire les capitaux étrangers qui sont très convoités, le pays devra développer un maximum d'avantages compétitifs.

"Il faut être dans le peloton de tête en termes de capacité d'attraction. Sinon, on se perd dans la foule et l'on n'est pas identifiable sur l'écran du radar", commente le conseiller économique de l'ambassade de France.

Il dit constater que le gouvernement a fait de gros efforts pour améliorer le climat des affaires à travers la dérégulation du cadre de l'investissement et du marché du travail, entre autres. Il a évoqué l'environnement à fiscalité légère, même s'il estime qu'un taux d'impôt de 0 %, appliqué aux entreprises, aurait été un argument de taille pour encourager les opérateurs étrangers à venir s'installer à Maurice.

Il indique aussi que Maurice devra mettre en valeur ses accès privilégiés aux marchés de la région de même que ses arrangements commerciaux préférentiels avec les pays comme l'Inde et le Pakistan auprès des investisseurs potentiels. Cela, afin de présenter un plus large horizon d'opportunités possible pour développer le business et maximiser les retours sur les investissements.

Heerun Ghurburrun, le directeur d'Investment Facilitation au Board of Investment (BOI), a, lui, passé en revue les nombreuses initiatives prises par le gouvernement et le BOI pour faciliter la venue à Maurice des investissements, des talents, des idées et des nouvelles technologies de l'étranger.

"Faille dans la profession légale"

Il promet qu'à partir du mois d'octobre, les choses vont changer. L'Investment Facilitation Act vient établir un cadre régulateur léger et transparent pour le business. Le système de permis et de certification a été grandement allégé avec la possibilité de démarrer une entreprise dans un délais de trois jours seulement suivant les demandes officielles.

Heerun Ghurburrun a aussi mis l'accent sur le cadre fiscal léger et uniforme pour les affaires. "Auparavant, les promoteurs avaient tendance à monter des projets en fonction des incitations fiscales. Cela provoquait des distorsions dans la manière de faire du business", souligne-t-il.

Le haut cadre du BOI a aussi expliqué les facilités mises en place pour encourager les professionnels étrangers à venir travailler à Maurice.

L'implantation des cabinets d'avocats à Maurice était un des principaux thèmes du Business Forum de la JCI. L'avocate Urmilla Banymandhub-Boolell se dit en faveur d'une ouverture prudente. Elle a fait état de nombreuses failles dans l'organisation de la profession légale à Maurice. Parmi elles, les difficultés pour les professionnels de créer des cabinets de juristes dignes de ce nom ainsi que le manque de spécialisation dans ce secteur. "Il faudrait peut-être encourager les avocats mauriciens à former des cabinets avant de faire venir les étrangers", suggère-t-elle.

Urmilla Banymandhub-Boolell estime, d'autre part, que l'ouverture du secteur aux firmes d'avocats étrangères sera bénéfique à la pratique légale ainsi qu'à l'économie en général.


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