Farida Belkhiri
12 Septembre 2006
«J'ai tout fait pour trouver des partitions de Mohamed Iguerbouchene. Je voulais interpréter quelques-unes de ses compositions pour ce récital. Malheureusement, je n'en ai pas trouvé. Mais j'aime également Chopin. En fait, c'est moi qui ai élaboré le programme du récital de ce soir», nous a confié le jeune pianiste oranais Mehdi Ghazi, peu avant le début de son deuxième concert à Alger, offert dimanche dernier à l'auditorium de la radio algérienne en collaboration avec l'ambassade du Canada en Algérie.
A défaut donc d'Iguerbouchene, ce jeune musicien, âgé d'à peine de 17 ans, se «contentera» de présenter un répertoire classique universel qui sera composé notamment de Beethoven, Chopin, Schubert, Von Weber, Rachmaninov et Listz. Vêtu d'un élégant costume, Mehdi amorce son jeu avec toute l'assurance d'un jeune maître. Tout de suite, dès que les mains effleurent le clavier, on décèle chez lui le talent et la passion. L'angoisse et le stress qui, de son propre aveu, le tenaillaient avant le récital ont disparu comme par enchantement. «Maître Lefèvre [pianiste canadien qui l'avait découvert et pris en charge sa formation au Canada, NDLR] nous disait souvent que le stress va avec le talent. Ce qui veut dire que je suis talentueux», dira-t-il en souriant malicieusement.
Sur la scène de l'auditorium, le musicien et le piano ne font qu'un. Le jeune Mehdi fait corps avec son instrument et le fait chanter et vibrer à sa guise pour interpréter le compositeur de son choix. Impressionné, le directeur de l'Orchestre symphonique national, M. Bouazara dira de lui qu'«il maîtrise très bien son jeu malgré son jeune âge. J'espère que le ministère de la Culture le prendra en charge». En fait, le ministère en question s'est manifesté l'année dernière après le premier concert à Alger du jeune pianiste en lui promettant une bourse pour une formation en Italie. «Mais depuis, je n'ai rien reçu. J'attends toujours», confie Mehdi. Le jeune pianiste n'aura heureusement pas à attendre que le ministère de la Culture se décide à tenir ses promesses. L'ambassadeur du Canada en Algérie, Robert Peck, devancera l'institution algérienne en annonçant au jeune Mehdi qu'il vient de bénéficier d'un stage de musique au Conservatoire de Montréal et qu'il devra s'envoler, cet a utomne, vers Montréal. Cette nouvelle a évidemment enchanté le jeune virtuose.
Mehdi Ghazi n'a que 9 ans quand il commence à prendre des cours de solfège et de piano dans une école privée. Il est encore adolescent quand il est découvert par le pianiste Mostepha Aribi. C'est grâce à ce dernier que le jeune pianiste a pu donner son premier concert à Oran et quatre autres en France, dont un à la salle de l'Unesco à Paris. Le pianiste canadien Alain Lefèvre l'a, lui, découvert l'année dernière lors de son passage à Oran et l'a invité à participer à un récital à Alger. «Il a dit que j'apprenais vite. C'est ainsi qu'il m'a proposé de participer aux classes qu'il animait au Centre des arts d'Orford, au Québec, au Canada», raconte le jeune pianiste. Les spécialistes de l'univers musical classique, tels que M. Bouazara, prédisent un avenir brillant pour ce jeune musicien. «Qui sait, il sera peut-être le prochain Iguerbouchene», renchérit Robert Peck.
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