La Tribune (Algiers)

Algérie: L'AADL attribue ses chantiers paralysés à de nouvelles entreprises

L'Agence nationale de l'amélioration et du développement du logement (AADL) s'est engagée, en juin dernier, par la voix de son directeur général M. Wahid Kheïrredine, à livrer la totalité des programmes 2001 et 2002 d'ici à la fin du premier trimestre 2007. Ce responsable a affiché sa détermination à trouver des solutions au niveau de tous les chantiers en retard et d'accélérer la cadence du travail afin de livrer ces sites dans les meilleurs délais.

Un engagement fait en présence du premier responsable du secteur, le ministre de l'Habitat, M. Mohamed Nadir Hamimid. M. Walid, lors d'une des récentes sorties sur le terrain en compagnie du ministre, a annoncé la livraison de 9 000 logements d'ici à la fin de cette année ; «le reste des deux programmes location-vente sis dans des sites ayant accusé un certain retard, sera réceptionné à la fin du premier trimestre de l'année 2007», avait-il déclaré.

Dans cette optique, la direction générale de l'AADl, et après la procédure légale de rappel à l'ordre et de mise en demeure, a procédé à la résiliation d'un certain nombre de contrats avec les entreprises réalisatrices, dont la majorité sont algériennes. Il s'agit notamment de la résiliation du contrat, en juin dernier, de l'entreprise algérienne BATIGEC, qui devait procéder à la construction, dans le cadre du programme location-vente 2002, de 1 223 logements à «Belle-vue» et de 651 logements à «Das Chaabane» (deux sites dans la commune de Aïn Benian).

Cette entreprise avait également des engagements pour la réalisation, dans le cadre du programme 2001, de 90 logements à Souidania, de 212 logements à Zéralda, de 131 logements à Béjaïa et de 380 logements dans la wilaya de Tébessa. Des appels d'offres ont été lancés pour la reprise de ces chantiers et les consultations sont toujours en cours. Un mois avant la résiliation du contrat de BAGITEC, l'AADL avait résilié son contrat avec l'entreprise turque SCOAL KAYI. Cette dernière, qui devait construire les 5 80 logements à Bachdjarah, 2 102 logements à Heuraoua et 101 540 logements à Blida, n'a pas respecté les délais de réalisation.

A Bachdjarah, le chantier a été confié à une nouvelle entreprise libanaise, à savoir la société Ashada. A Heuraoua, l'AADL a commencé par réduire le nombre des constructions à 1 001 logements, octroyés à l'entreprise turque (GR-Atlas-Arslan) qui a repris également le reste du chantier en deux marchés distincts (1 001 logements et 984 logements). Les Turcs ont prévu la fin des travaux pour le 15 mai 2007. Le chantier de Blida n'a pas encore été attribué. Les trois chantiers de Draria du programme 2002, affectés dans un premier temps à l'entreprise chinoise COCPC, ont connu également un grand retard dans les livraisons.

L'AADL a dû recourir à la justice pour être rétablie dans ses droits après avoir résilié son contrat avec cette entreprise le 4 mai 2005. Les trois chantiers ont été attribués à de nouvelles entreprises, où pour Draria I, l'entreprise Slimane Haddad (Liban) est chargée de la réalisation de 1 274 logements et pour les deux autres sites Draria II (234 logements) et Draria III (722 logements), c'est l'entreprise chinoise Guangsha qui a repris le relais. Cette dernière a également repris le chantier de la COCPC au niveau de Matarès où est prévue la construction de 712 logements. Les 832 logements de Koléa, qui devaient être construits par la COCPC, ont été attribués à l'entreprise libanaise Haddad.

A Tizi Ouzou, les contrats de l'entreprise algérienne Kessi ont également été résiliés. La construction des 140 logements d'Azazga est actuellement confiée à l'entreprise libanaise Nassim Aboulhabib et celle des 77 unités à Franz Fanon a été partagée entre trois entreprises algériennes privées (Mezali, Bouzenoura, Sopabi).

BATOS, c'est l'une des nombreuses entreprises algériennes qui n'ont pas rempli leurs engagements avec l'AADL. Ses trois chantiers à Corso (316 logements), Boudouaou (200 logements) et Constantine (400 logements) ont été confiés respectivement à COSTRAP, LATAMENE et CSCEC. De nombreux autres contrats établis avec des entreprises nationales ont été résiliés.

Ces dernières ont presque toutes failli à leurs engagements. Un signe fort de la faillite de nos entreprises dans ce secteur. Il faut dire que seule l'entreprise Cosider a réussi son pari de construire de nombreux sites AADL à l'exemple de celui des Bananiers, et cela malgré le retard enregistré dans la livraison. Cette entreprise a eu, tout de même, deux contrats résiliés à Tlemcen et Bordj Bou Arréridj, où la réalisation des 488 logements du premier chantier a été confiée à plusieurs entreprises nationales, alors que la consultation pour les 144 unités du deuxième chantier se poursuit.

Pour le reste des entreprises nation ales, leurs chantiers ont été affectés ou partagés entre d'autres sociétés. Comme à Mostaganem où la construction de 100 logements a été retirée à l'entreprise algérienne EGBO pour être attribuée à l'entreprise égyptienne Arab Contractor. A Médéa également, les sociétés algériennes ERM et ECB se sont vu retirer les chantiers de «Merdj Echkir» (construction de 80 logements attribuée actuellement à l'entreprise Serouane) et de «15 Décembre» (les consultations sont en cours pour la construction des 129 logements prévus dans ce site). A Bouira et Ghardaïa, c'est le même cas puisque les entreprises algériennes «Reflet d'Art» et «Noumérate-METLILI» ont vu leurs contrats résiliés. Ces chantiers ont été confiés à de nouvelles sociétés algériennes.

Avec toutes ces résiliations et les nouvelles attributions, l'AADL espère respecter son engagement de livrer la totalité des deux programmes location-vente avant la fin du premier trimestre de 2007.

Chantier Boumati : prolongement du délai de réalisation de 8 mois

A Boumati était programmée, dans un premier temps, la construction de 400 logements par l'entreprise algérienne BATOS. Des contraintes ont été relevées relatives à la nature du sol. Il a été décidé alors de réduire le nombre du programme et le chantier a été confié à l'entreprise turque KAYI. Cette dernière ne respectera pas ses engagements et lors de la réunion du 24 juillet dernier entre les responsables turques et la direction de l'AADL, il a été décidé «d'accompagner l'entreprise dans ses difficultés financières par le biais de la passation des marchés, commerces et services et la prolongation du délai de réalisation de 8 mois pour finaliser le projet».

Gestion immobilière : l'AADL assumera la gestion de ses cités

Dans son communiqué, rendu public hier, l'AADL a annoncé la mise en application, depuis la fin du mois d'août dernier, d'un mode de gestion de proximité et cela par l'installation des conciergeries et des gardiens d'immeubles. L'agence a tenu à préciser qu'il s'agit là d'une nouvelle mission «en dehors» de ses statuts. «Notre agence a été appelée à prendre toutes les dispositions et à mettre en oeuvre des règles et créer des instruments pour la mise en marche des modalités administratives de gestion de la cité», est-il précisé dans le communiqué.

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