Pendant trois jours, Casablanca a dévoilé son âme sensible pour accueillir des poètes.
Juan Guelman (Mexique), Mark Strend (Etats-Unis), Donatella Bizutti (Italie), Louis Garcia Montero (Espagne), Veronika Dalacoura (Grèce), Jean-Pierre Verheggen (Belgique), Rabia Djelti (Algérie), Abdelmounim Ramadan (Egypte) et d'autres poètes de gros calibres de la poésie internationale avaient fait le déplacement à Casablanca, à l'occasion de la tenue de la 4e édition du Festival international de la poésie. Evénement toujours attendu avec impatience par les poètes marocains, ce rendez-vous culturel donne lieu à des débats passionnants et à des échanges verbaux d'une rare préciosité.
Pendant trois jours, le complexe culturel Touria Sekkat s'est transformé en une alcôve dédiée aux sonnets, aux vers et aux rimes. Aussi, et au-delà de ces lectures poétiques qui ont ponctué les trois journées de cette manifestation, ce forum bi-annuel est devenu, au fil des éditions, un prétexte pour délivrer des messages, dénouer des fils et révéler que la poésie imprègne tous les prismes de notre existence. Le colloque, organisé le 8 septembre, avait justement permis de se pencher sur cette problématique.
«Le poète dans notre temps» reflète les préoccupations et les soucis des temps modernes. La liberté d'expression, la mondialisation, l'éclatement des frontières poussent toujours autant les poètes à oeuvrer pour la préservation des valeurs humaines. Et dans cette volonté d'exister et de faire entendre sa voix, le langage poétique ne saurait souffrir de médiocrité. C'est un bien précieux, aussi précieux et fragile que le destin de la poésie et des poètes. Mais rendre à la poésie la place qui lui échoit et redorer son blason, n'est pas une mince affaire.
Ce rendez-vous devait, ainsi, redonner une nouvelle vigueur à la poésie. Au Maroc, où la création poétique se développe, où la création poétique retrouve son chemin vers le lecteur non seulement au Maroc mais aussi sur la scène internationale, comme l'a relevé le président de la Maison de la Poésie, les poètes sont toujours ces dépositaires de la mémoire et de l'identité du peuple. Cherchant leur ressourcement dans le chaos de notre ère, interprétant la réalité et ses contraintes, ils arrivent à en extraire des mots magiques et des rimes ensorcelantes, à traduire par des vers à la beauté infinie le bonheur, la souffrance, l'incompréhension, les convictions
Aussi,tout au long de trois jours féconds et riches en rimes, la sensibilité a imprégné l'espace, conférant au site une aura toute particulière.
L'idée d'organiser un tel forum devait, dès le départ, permettre de «nous réconcilier avec nous-mêmes et avec notre environnement». Créé à l'initiative de la Maison de la Poésie, ce festival ambitionne d'offrir à «une terre arabe l'opportunité d'abriter un contact direct avec la poésie internationale et l'occasion d'approcher la poésie marocaine moderne qui vit une grande solitude dans la vie publique comme dans la vie scolaire et universitaire». Cet intermède poétique a aussi été l'occasion de décerner des récompenses pour les jeunes poètes du prix «Le premier recueil» qui est également initié par la Maison de la poésie. Une jolie manière pour assurer la relève.

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