Raphaël Mvogo
20 Septembre 2006
Les pays industrialisés s'engagent à en stimuler la production, au profit des malades des pays pauvres.
Aux grands maux, les grands remèdes. Les statistiques révèlent que chaque année, plus de sept millions de personnes, surtout dans les pays pauvres, meurent à cause des maladies infectieuses telles que le paludisme, le sida et d'autres maladies moins connues. Une véritable tragédie, pire que l'Holocauste ou les tsunamis ! Face à cette situation, les pays industrialisés ont entrepris de financer la recherche en vue de favoriser la production de vaccins contre ces maladies, au profit des malades des pays en voie de développement.
L'initiative est du président du Conseil italien Romano Prodi, qui a réussi à l'insérer dans l'agenda du G8. Elle implique la Banque mondiale, l'Alliance globale pour les vaccins et l'immunisation (GAVI) et des industries pharmaceutiques. Elle s'appuie également sur le partenariat entre les secteurs public et privé. Sous le nom de AMCs (Advance Market Commitments, ou Accords de Marché Avancé), le projet concerne six maladies : le paludisme, le sida, le rotavirus, la tuberculose, la pneumocoque et le papillomavirus humain. Son lancement est prévu avant la fin de cette année.
Tout part d'un constat : le marché actuel des vaccins dans les pays en voie de développement est considéré par l'industrie comme étant insignifiant (malgré des potentialités reconnues), particulièrement risqué et imprévisible et, par conséquent, pas suffisamment profitable pour garantir le volume d'investissement qui serait souhaitable du point de vue de la santé publique. A eux seuls, les fonds publics pour la recherche ne suffisent pas à insuffler de l'oxygène pour faire tourner les turbines. A travers les AMCs, les pays industrialisés souscrivent des arrangements financiers et s'engagent à acheter une certaine quantité de doses de vaccins après leur découverte et après la certification de leur efficacité par un comité d'experts. Ceci, en fonction de la demande des pays bénéficiaires, qui seront libres de choisir le vaccin le plus approprié à leur stratégie en matière de programmes d'immunisation.
Selon les autorités italiennes, le caractère innovant des AMCs réside dans le fait qu'ils engagent les gouvernements à acheter de nouveaux vaccins seulement après leur découverte. L'Italie, la Grande-Bretagne et le Canada sont les premiers pays qui se sont fermement engagés à financer le projet. La Russie et les Etats-Unis ont manifesté leur intérêt, tandis que la France a exprimé son plein soutien.
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