Washington, DC — Publication des nouveaux indicateurs de gouvernance avant les assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI.
Selon la Banque mondiale, les pays qui investissent dans la réforme de leur gouvernement peuvent s'attendre à des gains considérables en matière de développement et à un accroissement du revenu par habitant.
Dans un communiqué de presse du 15 septembre annonçant la parution du rapport Governance Matters V : Worldwide Governance Indicators 1996-2005, M. Daniel Kaufmann, directeur de la gouvernance mondiale à l'Institut de la Banque mondiale, a déclaré que les pays qui entreprennent des réformes constatent que « la bonne gouvernance » est reconnue par les investisseurs étrangers, les bailleurs de fonds, les responsables gouvernementaux et le grand public comme primordiale et qu'elle « se traduit par un niveau de vie plus élevé et une diminution de la pauvreté ».
« Dès lors que des réformes sont engagées avec détermination, l'amélioration de la gouvernance peut se faire sentir assez rapidement », signale la Banque dans le rapport.
Les organismes d'aide sont de plus en plus nombreux, et parmi eux la Société du compte du millénaire des États-Unis (U.S. Millennium Challenge Corporation, ou MCC), à faire usage des indicateurs de la gouvernance pour décider de l'affectation de leur soutien, note la Banque.
L'annonce de la publication des indicateurs de la gouvernance a précédé les assemblées annuelles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international des 19 et 20 septembre à Singapour.
Lors de ces réunions, la Banque a présenté de nouvelles initiatives visant à lutter contre la corruption et à renforcer la focalisation sur les résultats.
Au nombre des autres grandes questions ayant été abordées figurent les progrès du développement en Afrique et les moyens à appliquer pour associer davantage la société civile et les jeunes aux processus décisionnels dans le domaine du développement.
Gouvernance
En 2005, 4,5 milliards de dollars, soit près de la moitié de la nouvelle aide accordée par la Banque mondiale aux pays en développement, sont allés à des programmes comportant une composante de renforcement de la gouvernance dans des domaines tels que l'administration de l'impôt et des douanes, l'État de droit, les prestations du système judiciaire ou de la fonction publique, et l'efficacité et la responsabilité dans la fourniture de services des instances gouvernementales locales et centrales, a noté la Banque.
La Banque signale qu'elle apporte de plus en plus son concours au développement de médias indépendants et au renforcement des parlements.
La Banque s'est également servie des indicateurs de gouvernance pour évaluer plus de 200 pays dans des domaines tels que l'adoption de réformes pour accroître la transparence, la responsabilité et l'efficacité des pouvoirs publics, la stabilité politique, la qualité des règlements, la qualité de l'application des contrats et la mesure des abus de pouvoir.
Elle a cité le Botswana, le Ghana, le Sénégal, la Sierra Leone, le Mozambique et le Liberia comme ayant appliqué des réformes notables en matière de gouvernance au cours de la décennie écoulée. D'autres pays pauvres, tels que la Slovénie, le Chili et l'Estonie, indique la Banque, ont obtenu de meilleurs résultats en matière d'État de droit et de lutte contre la corruption que certains pays industrialisés, notamment la Grèce et l'Italie.
La Banque mondiale est le plus grand fournisseur d'aide au développement en faveur de l'Afrique, son concours ayant doublé de 2000 à 2005, indiquent les rapports.
La stratégie d'aide à l'Afrique appliquée par la Banque porte sur l'obtention de résultats mesurables au plan de l'expansion de la croissance, de la compétitivité commerciale et économique, de la promotion de la création d'emploi dans le secteur privé, de l'encouragement de l'intégration et de la coopération régionales, de la réduction et de l'atténuation des conflits, et de l'amélioration de la gouvernance.
La société civile et les jeunes
La Banque signale qu'au cours des deux dernières décennies, elle a considérablement accru sa coopération avec les organisations de la société civile, lesquelles sont associées à 72 % (estimation) des nouveaux projets qu'elle finance.
La société civile, note la Banque, favorise la responsabilité et la transparence du secteur public et s'assure que les pauvres et les exclus se fassent entendre des pouvoirs publics et soient pris en considération dans le processus de décision.
La société civile comprend des organisations non gouvernementales et caritatives, des fondations privées, des groupements confessionnels, des syndicats du travail et des groupes autochtones.
Les investissements de la Banque dans les programmes en faveur des jeunes ont, eux aussi, doublé de 2000 à 2005.
Pour s'assurer que les jeunes prennent un bon départ dans la vie, la Banque et la communauté internationale s'attachent de plus en plus à tenir compte des vues de ceux-ci dans leurs politiques, de manière à améliorer leurs conditions de vie présentes et futures.
Les bailleurs de fonds, ajoute la Banque, s'intéressent maintenant aux « services de seconde génération », au-delà des services de santé et d'éducation fondamentaux pour les jeunes, en s'efforçant de recueillir des informations supplémentaires qui les aideront à façonner leurs politiques relatives aux questions telles que le chômage, les taux élevés d'infection par le VIH/SIDA, et les comportements à risque.
La Banque rappelle que les jeunes constituent la catégorie de la population mondiale ayant le plus fort taux de croissance et qu'ils représentent 50 % de la population des pays pauvres.
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