Philippe Bama
28 Septembre 2006
La mobylette ou la bicyclette fait partie des dépenses de la rentrée en plus des fournitures scolaires et autres habits et chaussures. Y-a-t-il bousculade chez les vendeurs en ces temps de vie chère ? C'est ce que nous avons voulu savoir en nous rendant chez quelques commerçants.
Nous avons fait un tour le mercredi 20 septembre chez des vendeurs de motocyclettes et cyclomoteurs aux alentours du grand marché Rood-Woko. Ce n'était pas la grande bousculade habituelle, à quelques jours de la rentrée des classes. Pas d'achat d'engins à deux roues par des parents d'élèves, à nos différents passages dans quatre boutiques.
Vendeur à l'Etablissement "Kombelempagré et frères", Salif Silga nous a confié que son chiffre d'affaires a considérablement baissé comparativement aux années précédentes : "Ça ne va pas du tout. Depuis le début de ce mois de septembre, nous n'avons pas vendu plus de vingt motocyclettes, alors qu'en 2005, nous pouvions vendre en vingt jours, cinquante engins". Les parents d'élèves selon lui, manquent d'argent. C'est ainsi que devant les supplications de certains pour acheter coûte que coûte, un moyen de déplacement à leur progéniture, des réductions leur sont faites quelque fois. Un rabais de 20 000 F CFA est possible sur une JC de 400 000 F CFA. Nonobstant cette politique de "marketing social", les clients se font rares. Depuis trois années, l'établissement Belem Issa a ouvert une section moto. Ousmane Sawadogo en est le propriétaire : "Tout est au ralenti. L'année dernière, les choses allaient nettement mieux".
Il pense que ce sont l'achat des fournitures scolaires et le paiement des frais de scolarité qui préoccupent actuellement les parents d'élèves. Mais, il espère que les ventes seront plus importantes après la rentrée effective des classes. Les engins à deux roues coûtaient plus cher l'année dernière reconnaît-il, et il ne comprend nullement que seulement dix à quinze cyclomoteurs / motocyclettes, aient été vendues depuis début septembre. Tout désemparé, il nous renvoie chez un autre vendeur : "Allez-y là-bas et vous verrez que c'est la même chose". La terrasse de la boutique de l'établissement "Kaboré, et frères", juste en face de l'ancien commissariat de police de Rood-Woko, était à moitié déserte. Alidou Kaboré, le fils du propriétaire, nous a indiqué que les P50 sont garées au grand magasin, puisque la demande a beaucoup chuté. Seulement des motos JC sont sur la terrasse, et aucun parent d'élève ne s'était présenté en ce lieu pour un achat d'engin. "Les parents d'élèves ne viennent plus. Pour ce mois de septembre, je n'en ai pas encore vu." La cherté de la vie et surtout la veille de la rentrée des classes, expliquent cette situation, à son avis.
A EKAF, la situation n'est pas non plus reluisante. A notre arrivée, Hermann Traoré, un agent commercial, a couru vers nous. Il croyait avoir à faire à des clients, mais comprend très tôt le sens de notre visite chez son employeur. Pour lui, le nombre important de lieux de vente de ces engins peut expliquer en partie la baisse de leur chiffre d'affaires à la veille de la rentrée des classes. "Il y a plusieurs lieux de vente de motos actuellement. En 2005, nous avions initié une promotion vente, mais cette année, au regard des problèmes financiers des parents d'élèves, nous y avons renoncé". La veille de notre visite, c'est-à-dire le mardi 19 septembre 2006, il n'avait vendu qu'une JC super. Depuis le début du mois de septembre, il dit n'avoir vendu que cinq motos à des parents d'élèves.
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