Monda Bakoa
29 Septembre 2006
Dimanche 1er octobre prochain, cela fera 45 ans que le Cameroun s'est réunifié, mettant fin à la partition opérée en 1916 par la France et la Grande Bretagne.
Pour les jeunes générations et pour ceux qui perdraient de vue la valeur de l'unité retrouvée, il n'est sans doute pas inutile de rappeler l'origine du bilinguisme et du biculturalisme qui font aujourd'hui la fierté et la singularité du Cameroun. Ce fut en effet l'aboutissement d'une longue lutte. La levée de la tutelle sur le Cameroun méridional, le 1er octobre 1961et sa réunification d'avec l'ex-Cameroun oriental, en furent l'acte de naissance, une revanche de l'histoire et une victoire sur le colonialisme.
De fait, l'idée de la réunification fut forte et récurrente, dans les années 50. Au point d'avoir été avec l'indépendance, lune des principales revendications politiques de l'époque. C'est que sur l'une comme sur l'autre rive du Moungo, la séparation en deux du Cameroun avait provoqué une brutale déchirure : " du jour au lendemain, on a vu des familles brutalement séparées, des biens d'un même individu (plantations entre autres) scindés en deux, une partie se trouvant, en territoire " étranger " et perdue à jamais. On a vu des chefs traditionnels coupés d'une bonne partie de leurs populations " Cette situation pathétique décrite par un témoin camerounais, de cette période de notre histoire, pouvait à elle seule, justifier ce désir de la réunification. Dans la mesure où le partage du Cameroun en 1916 entre la France et la Grande Bretagne, à l'issue de la défaite de l'ancienne puissance coloniale, l'Allemagne, se préoccupa peu de ce genre de détails. La partie anglophone, scindée à nouveau en deux, pour former le Cameroun septentrional et le Cameroun méridional, était davantage administrée dans le sens d'une assimilation au Nigeria. Alors que la zone francophone était intégrée de facto dans l'Afrique équatoriale française.
[ De la tutelle à l'indépendance ]
D'un côté comme de l'autre, des hommes politiques oeuvraient pour la réunification. Des contacts se nouaient. La participation à cet égard à la fête de l'indépendance, sur invitation des autorités de Yaoundé, du premier ministre du Cameroun méridional, John Ngu Foncha, fut un fait marquant.
A l'ONU, puissance de tutelle, la question du rattachement au Cameroun devenu indépendant le 1er janvier 1960, ou au Nigeria, fut posée en terme de référendum, dans la partie du Cameroun sous tutelle britannique. A travers les scrutins des 11 et 12 février 1961, la partie méridionale se prononça en faveur du rattachement au Cameroun indépendant, alors qu'à l'inverse, la partie septentrionale opta pour le rattachement au Nigeria.
Après le référendum, une période de négociations s'était ouverte entre les deux parties. On décida d'une forme fédérale pour le futur Cameroun réunifié. Une conférence constitutionnelle s'ouvrit à Foumban, le 17 juillet 1961, pour fixer les modalités de fonctionnement de l'Etat fédéral. L'ONU avait fixé au 1er octobre 1961, la (re)naissance de ce grand Cameroun.
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