Gabonews (Libreville)
29 Septembre 2006
Le ministre gabonais des affaires étrangères Jean Ping et son collègue de la Communication, porte parole du gouvernement René Ndemezo' Obiang, dans une longue conférence de presse vendredi à Libreville n'ont ni confirmé ni infirmé les allégations de la presse gabonaise sur une proposition qui aurait été faite au président Omar Bongo Ondimba, par son propre ministre, de vendre l'île Mbanié à la Guinée Equatoriale.
Jean Ping, principal orateur pendant la conférence de presse a cependant reconnu qu'il y a eu plusieurs « missions de bons offices qui ont fait des propositions » mais toutes les propositions n'ont pas été acceptés, a-t-il souligné.
Pour lui, si le déchaînement de la presse locale qui a révélé cette information visait à « étouffer dans l'oeuf une proposition émanant d'une mission de bons offices, le coup a réussi ».
M. Ping a cependant déploré le déferlement de réactions suscité par cette affaire que le quotidien gouvernemental l'Union, principal instigateur, a qualifié de "Mbaniégate".
Dans un éditorial intitulé « l'Île et la Patrie » publié le 13 septembre par le quotidien l'Union, le directeur de cette publication, Albert Yangari a affirmé qu'un membre du gouvernement gabonais a conseillé au président Omar Bongo Ondimba de céder cette île à la Guinée Equatoriale contre de l'argent.
Le quotidien l'Union n'a pas cité le nom du ministre gabonais qui aurait fait cette proposition, via une avocate étrangère.
L'hebdomadaire Le Crocodile a, pour sa part, désigné le ministre de l'intérieur, André Mba Obame comme le coupable de cette affaire. Deux autres ministres dont celui de la communication ont été accusés, par Le Crocodile, d'être impliqués dans le dossier.
« Tout ce qui se dit fragilise nos négociateurs », a déploré M. Ping qui a par la même occasion condamné "la diplomatie de la rue" ou encore "la diplomatie du mégaphone".
Ces tiraillements peuvent être « récupérés et sont inévitablement exploités par nos adversaires », a supposé M. Ping qui a fait valoir son talent diplomatique pour tenir des propos rassembleurs tant pour ses compatriotes que pour ses voisins de la Guinée Equatoriale.
Dans une longue évocation historique, M. Ping a rappelé que les prémisses du différend frontalier entre le Gabon et la Guinée Equatoriale remontent à 1972 à la suite d'une vive tension et de quelques incidents survenus dans la baie de Corisco où est située l'île Mbanié.
Depuis cette date, les deux pays ont engagé des négociations tout azimut pour un règlement définitif de ce conflit.
M. Ping a d'ailleurs révélé que des négociations se dérouleront du 1er au 5 octobre prochain à Genève (Suisse) entre experts gabonais et équato-guinéens sous l'égide de l'ONU.
Un accord pourrait être trouvé à l'issue de ces pourparlers, a-t-il espéré. Si c'est le cas, les présidents gabonais et équato-guinéens se joindront à leurs experts pour parapher l'accord. Le président français et le Premier ministre espagnole devront contresigner le document, a ajouté M. Ping.
Mbanié est une motte de terre de 30 hectares située dans la baie de Corisco à 18 km des côtes gabonaises et 30 km de la Guinée Equatoriale. Des gendarmes gabonais y sont stationnés. L'îlot habité par une forte colonie de crabes est cependant réputé être riche en pétrole et ses eaux riche en poisson.
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