Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Les Kinois de moins en moins hostiles à l'Eufor

Diosso Olivier

30 Septembre 2006


Kinshasa — L'hostilité des habitants de Kinshasa (Kinois) à l'égard de la Force de l'Union européenne (Eufor) en République démocratique du Congo (RDC) se manifeste de moins en moins, à en croire les résultats de l'enquête réalisée par Bercy, un institut de sondage indépendant vis-à-vis de la Force européenne qui l'a sollicité pour la transparence.

En effet, 45,2% des Kinois savent que la mission de la Force européenne (Eufor) en République démocratique du Congo (RDC) est de sécuriser les élections. 54% sont d'avis que la présence de cette Force au Congo est justifiée. C'est ce qui ressort de ce sondage de l'institut Bercy réalisé du 2 au 6 septembre 2006. Le responsable de la coordination des actions de cette Force, le major Nogrette, l'a fait savoir au cours de la conférence de presse qu'il a co-animée, jeudi 28 septembre 2006 à la Halle de la Gombe, avec le commandant adjoint au général Damay, l'amiral Bess.

Cette enquête d'un échantillon de mille personnes (50% femmes/50% hommes), a-t-il dit, se justifie par le fait que l'Eufor tient à être fixée sur la perception de sa présence par les Kinois en particulier et des Congolais en général.

Le souci des militaires des pays de l'Union européenne est de mettre les Congolais en confiance en faisant disparaître tous les préjugés qu'ils ont sur eux. Car 22% d'enquêtés trouvent la présence de l'Eufor non justifiée et 17% ne sont pas favorables à cette présence. Comme le montre le sondage, a-t-il fait remarquer, les Kinois sont de moins en moins hostiles aux militaires européens, tout en relevant le fait que 41% ne comprennent pas encore que le mandat de l'Eufor n'est pas de sécuriser la population. Qu'à cela ne tienne ! Le major Nogrette a fait valoir que le sondage va se poursuivre aux mois d'octobre et de novembre avant de noter que cela est très important.

Sur la possibilité de prolonger le mandat de quatre mois de l'Eufor, l'amiral Bess a rappelé que celle-ci est de la compétence de l'ONU et de l'Union européenne qui doivent se concerter. En principe, la Force européenne plie bagages au lendemain du 30 novembre 2006. Cela ne voudrait pas dire que l'Union européenne abandonnera la RDC sur les plans de l'assistance militaire et de la sécurité, a-t-il fait observer. En effet, a dit l'amiral Bess, la Police européenne (Eupol) et la structure européenne « Eusec », chargée de contribuer à mettre sur pied une armée congolaise aguerrie, demeureront en place jusqu'à la fin de leurs missions. Quant à la participation de la Force européenne aux patrouilles de l'opération « Coup de poing » pour Kinshasa, « ville sans arme », l'adjoint au commandant de l'Eufor/RDC a laissé entendre que l'Eufor n'a pas été intéressée. Et de renchérir : «D'ailleurs, ce n'est pas dans notre mandat.»

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