J. R. N. (source Africine)
13 Mars 2003
Le co-réalisateur de "Le silence de la forêt" avec Bassek Ba Kobhio était âgé de 53 ans.
Son nom, le public camerounais l'avait découvert à travers une Å"uvre, Le Silence de la forêt. Parce qu'il côtoyait l'un des noms les plus connus du cinéma local, Bassek Ba Kobhio. Et depuis lors, on n'avait plus vraiment pensé à Didier Ouenangaré, jusqu'à ce que la triste nouvelle survenue en fin de semaine dernière le ramène dans les esprits. Le cinéastes centrafricain est donc décédé vendredi dernier à Bangui, des suites de maladie. Il était âgé de 53 ans.
Didier Ouénangaré est né le 23 février 1953 à Bambari (Centrafrique). Après avoir obtenu un B.T.S. en Sciences et Techniques de l'Information au Studio École de la Radio Télévision ivoirienne à Abidjan, il devient le chef du service photo - cinéma au ministère de l'Information. Ã- partir de 1983, il s'installe à Rennes, où il travaille comme caméraman intermittent à la télévision française FR3. En 1991, il obtient une maîtrise en Sciences et Techniques de la Communication audiovisuelle à l'université de Rennes. En 1995, il fonde à Bangui la société Afrique Bretagne Vidéo Production.
Il aura eu le temps de réaliser plusieurs films, essentiellement documentaires. C'est le cas de La Centrafrique économique (1982, Les Ressources minérales de la Centrafrique (1995), Centrapalm (1996), Le Réseau routier centrafricain (1996, L'Eau, source de vie (1996), L'UCL à Bangui (1997), Icra (1997), Conservation de la forêt de Ngotto au service du développement durable (1999). Au rang des fictions, on note Pourquoi voter ? (1998), et surtout Le silence de la forêt (2003) qui restera son premier et seul long métrage, co-réalisé avec Bassek Ba Kobhio, avec un casting de rêve pour un film africain : Philippe Mory, Nadège Beausson-Diagne et autres Eriq Ebouaney.
Un scénario inspiré d'un roman portant le même titre, écrit des années plus tôt par Etienne Goyémidé, et qui visait à attirer l'attention sur le regard condescendant qui est souvent porté sur les pygmées. Le film s'ouvre sur le retour au pays natal de Gonaba (Ériq Ébouaney), inspecteur des Écoles primaires qui, après 40 ans de vie en France, est " venu combattre la galère ". Comme la plupart de ceux qui rentrent chez eux après un bref ou long séjour hexagonal, il est très sûr de lui.
Dix ans plus tard, il se rend compte qu'il est " autant responsable que les autres ", qu'il est demeuré un " spectateur passif de cette bouffonnerie ", l'essentiel de son combat s'étant déroulé au niveau verbal. Mais, voilà qu'un élément déclencheur va le pousser à plus d'engagement : la maltraitance des pygmées, aussi bien par les autorités administratives que traditionnelles. Le Silence de la Forêt était non seulement son premier long métrage, mais surtout le premier long métrage centrafricain. C'est donc un monument du cinéma centrafricain qui est tombé vendredi dernier à l'âge de 53 ans.
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