Le Quotidien Mutations (Yaoundé)

Cameroun: Ibrahima Diouck - Les Africains doivent traiter d'égal à égal avec les Occidentaux

Par Brice R. Mbodiam

18 Octobre 2006


Le directeur de cabinet du ministre sénégalais chargé du Nepad parle des problèmes que posent les crédits à l'exportation.

Vous êtes au Cameroun pour assister à un atelier sur l'impact des crédits à l'exportation sur le développement et l'environnement dans les pays africains. Qu'appelle-t-on crédits à l'exportation?

Ce sont les financements qui sont dirigés vers les pays en développement à partir des mécanismes autres que ceux de l'aide bilatérale. C'est à dire, de manière générale, que ce sont des opérations d'investissements qui sont faites par des partenaires privés financés eux-mêmes par des agences de crédits à l'exportation. Ces agences peuvent être à statut privé ou public. En France, on a, par exemple, la Coface, qui a été un organisme public avant d'être privatisée. C'est le fait d'investir dans nos pays à partir de ces crédits octroyés grâce à certaines facilités qu'on appelle crédits à l'exportation.

Quel est, selon vous, l'impact de ces crédits sur le développement des pays d'Afrique?

Le premier impact négatif de ces crédits est qu'ils contribuent à l'alourdissement de l'endettement de nos pays. Le problème est davantage dans la manière dont ces crédits sont octroyés. Le mécanisme est entouré d'une opacité telle qu'il est difficile d'obtenir des informations sur ces accords de crédits. Beaucoup de choses, qui ne répondent pas aux attentes de la coopération bilatérale et multilatérale, sont faites à travers des crédits à l'exportation.

A bien vous écouter, vous n'êtes pas contre les crédits à l'exportation mais plutôt contre la manière avec laquelle ils sont octroyés...

Il faut faire la part des choses. Si les crédits à l'exportation, comme ils le disent dans les pays industrialisés, permettaient de promouvoir les exportations de leurs ressortissants vers les pays en développement, il n'y aurait pas de problème particulier. C'est ce qui se cache derrière ces crédits qui est déplorable. C'est la raison pour laquelle nous pensons qu'il faut une nouvelle définition, une nouvelle approche de l'aide au développement et de l'endettement, pour que cet endettement-là puisse effectivement servir au développement de nos pays et non servir les intérêts des Occidentaux, qui, à la limite, ne prennent aucune disposition pour garantir la sauvegarde de l'environnement et le développement socio-économique des pays africains.

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Quelles solutions concrètes proposez-vous pour que les crédits à l'exportation deviennent efficaces dans le processus de développement des pays africains?

Dans le cadre du partenariat qu'il y a entre les pays occidentaux et les pays africains, il faut que l'aide atteigne le niveau réel pour pouvoir servir au développement de l'Afrique. Il faut que les pays qui reçoivent ces aides-là le fasse dans des conditions les meilleures pour pouvoir exécuter les projets et programmes aux quels elles sont destinées. Dans les négociations, il faut qu'on permette aux Africains de traiter d'égal à égal avec les Occidentaux.

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