Adrien Tchomakou
20 Octobre 2006
Le président de l'Observatoire de lutte contre la corruption (Olc), le Dr Jean-Baptiste Elias, porte-parole et vice président du Front des organisations nationales contre la corruption (Fonac) est menacé de mort. Son bureau a été saccagé hier aux environs de onze heures quarante-cinq minutes par un homme armé d'un revolver.
Selon les informations recoupées, ce dernier a d'abord braqué son pistolet automatique sur la secrétaire générale du Fonac, Bachiratou Adjibadé et la comptable Alvine Soglo qui ont aussitôt « soulevé les mains » avant de se diriger vers le bureau du Dr Jean-Baptiste Elias. Il constate qu'il est absent et saccage tout sur son passage.
Par la suite, il revient vers les deux dames et déclare : « j'ai appris que Jean-Baptiste entend publier le résultat des audits. Dites-lui de s'attendre à tout ». A en croire la secrétaire générale du Fonac hier, cet assassin bien trapu et bien habillé lui a intimé l'ordre de se mettre à genoux contre le mur. Elle souligne par ailleurs qu'il a emporté son appareil portable et celui de la comptable.
Bachiratou Adjibadé déplore l'insécurité grandissante au Bénin et invite les policiers et les gendarmes à mettre leur expertise en oeuvre pour traquer les hommes sans foi ni loi. Le président de l'Observatoire de lutte contre la corruption, porte-parole et vice président du Front des organisations nationales contre la corruption apprécie la situation. Lisez sa déclaration.
Déclaration de Jean-Baptiste Elias après le drame
« Je savais qu'en m'engageant dans le processus de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption, je ne serai pas épargné. Il n'y a pas que moi. Tous les membres de l'observatoire de lutte contre la corruption (Olc) et ceux du front des organisations nationales contre la corruption (Fonac) savent très bien que le travail que nous faisons ne plaît pas à tout le monde. C'est vrai que la majorité des béninois accepte de participer à ce que nous faisons.
Cette majorité nous aide d'ailleurs à bien faire le travail mais il y a une minorité qui est dérangée par le travail que nous faisons et qui n'aimerait pas qu'on continue en commettant des actes de violence, de barbarie et d'assassinat ; qu'il ont tenté ce 19 octobre 2006. Malheureusement pour eux, ils ne m'ont pas vu. Ils n'ont pas pu tirer. Celui qui devait faire le travail est venu avec son revolver. Il l'a déjà chargé et il suffit de voir Elias et il allait tirer sur lui seulement.
Aujourd'hui, il a loupé sa cible. Je souhaite et nous souhaitons tous au Fonac qu'il réfléchisse pour comprendre le sens de la gravité de l'acte qu'il veut commettre en plein jour, vers midi au siège du Fonac pour venir agresser et tuer un des responsables du Fonac. Peut-être que si nous étions tous ici, il nous aurait tué tous. Mais, il faudrait que ceux là qui ont commandité cette opération puissent l'avoir sur la conscience et qu'ils sachent que ça ne servirait à rien de chercher à abattre innocemment quelqu'un.
Même si ce que nous faisons dérange, il vaut mieux que nous changeons positivement de comportement pour mériter de la confiance de l'Etat Béninois, pour mériter de la confiance des fils de ce pays plutôt que de chercher à éliminer physiquement quelqu'un qui dérange. Les vrais raisons évoquées sur ma modeste personne est que j'entends publier les résultats des audits sur les antennes des radios ».
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