Salifou Amarasalifou
20 Octobre 2006
MM. Loukou Séverin, Kobrissa Hervé et Kouassi Séverin, responsables du comité ad hoc de Jesa international, une maison de placement d'argent regroupant près de 10 000 souscripteurs, ne sont pas du tout contents.
Selon eux, des manoeuvres dilatoires sont organisées depuis quelque temps par le premier ministre Charles Konan Banny, son ministre de la sécurité, Dja Blé Joseph, des banquiers de la place et des autorités judiciaires pour retarder le paiement des gains des souscripteurs des maisons de placement de Côte d'Ivoire. Alors que les directeurs de ces établissements se disent prêts à payer, selon eux.
Le mardi 17 octobre dernier, au cours d'une visite qu'ils ont rendue à notre rédaction, les membres du comité ad hoc de Jesa international ont fustigé le comportement de Charles Konan Banny qui, selon eux, veut régir les maisons de placement d'argent conformément au code de l'UEMOA avant tout remboursement aux souscripteurs. Cette information a été donnée par le Premier ministre lui-même, lors de sa dernière rencontre avec les directeurs des maisons de placement, selon nos interlocuteurs. Or, une telle décision entraînerait des taux élevés d'intérêts à payer par ces structures qui ne sont cependant pas des établissements financiers. En conséquence, les responsables des maisons de placement auraient soutenu ne pas être en mesure de payer les bénéfices engendrés par les fonds des souscripteurs. C'est à ce niveau qu'est intervenu le ministre Dja Blé, selon M. Loukou Séverin, présent lui aussi à la rencontre avec le premier ministre, pour soutenir qu'en l'état actuel des choses, il n'est pas possible de payer les bénéfices des 1,8 million de souscripteurs ivoiriens.
Les responsables du comité ad hoc de Jesa international ne comprennent pas cette prise de position du ministre Dja Blé. Car, selon eux, les directeurs des 50 maisons de placement disent être prêts à payer les gains des souscripteurs qui s'élèvent aujourd'hui à 900 milliards FCFA si les mesures de Banny que compte prendre sont levées et que les banques commerciales de la place acceptent de lever les obstacles qu'elles dressent sans cesse sur leurs comptes respectifs. Une rencontre entre souscripteurs, banquiers et gouvernement est dans ce sens attendue dans les prochains jours afin de faire la lumière sur tous ces blocages, aurait promis Charles Konan Banny.
En attendant, les responsables de Jesa international soutiennent qu'un huissier de justice, Me Dago Sery, dont le cabinet se trouve à Yopougon, est depuis quelque temps en train d'enrôler des souscripteurs de leur maison commune de placement contre une somme à payer, en leur faisant croire que leurs gains leurs seront remboursés bientôt. Cette initiative n'est rien d'autre qu'une anarque, affirment-ils, car cet huissier de justice n'a jamais été mandaté. Un avocat me Cheikh Koureyssi Ba, agissant au nom des souscripteurs de Jesa, a d'ailleurs adressé une requête au parquet d'Abidjan, auprès du doyen des juges, à la date du 19 septembre 2006 pour lui demander d'arrêter cette activité, selon le comité ad hoc, illégale.
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