Le Potentiel (Kinshasa)

21 Octobre 2006

Congo-Kinshasa: Gestion durable de la forêt, la Fédération des industriels du bois s'allie aux communicateurs écologistes

Kinshasa — Collaborer pour donner une information suffisante aux populations congolaises sera désormais l'objet de la collaboration entre la Fédération des industriels du bois (FIB) et l'Association des communicateurs écologistes (ACE), une ONG des professionnels des médias engagée dans la sensibilisation sur les questions environnementales.

Ce mariage a été scellé hier vendredi 20 octobre 2006 à la paroisse notre Dame de Fatima, au travers un atelier de lancement des activités de cette association. La gestion durable des ressources naturelles et notamment les forêts passe aussi par une sensibilisation des populations qui sont les premiers acteurs de déforestation en République démocratique du Congo.

La Fédération des industriels du bois (FIB), représentée par son président, Florentin Kage, a fait un état des lieux de l'exploitation forestière en République démocratique du Congo. Ce, à l'occasion de l'atelier consacrant le lancement des activités de l'Association des communicateurs écologistes (ACE), une ONG engagée dans la sensibilisation à une gestion durable des écosystèmes de la RDC, qui se tient du vendredi 20 au samedi 21 octobre 2006 à la salle paroissiale Notre-Dame de Fatima à Gombe. Créée depuis le 20 juillet 2006, l'ACE est une association regroupant les professionnels des médias avec comme mission de faire un plaidoyer en faveur d'une « utilisation plus rationnelle des forêts et la gestion plus responsable de l'environnement ». «Notre rôle n'est pas seulement d'entamer un plaidoyer auprès des utilisateurs de nos forêts mais aussi de diffuser des informations sur base des études des experts sur les questions de dégradation de notre environnement, l'exploitation sélective de nos forêts par les industriels forestiers, la récolte du bois de chauffage, l'agriculture sur brûlis, le prélèvement des combustibles ligneux pour des besoins humains (plante médicinale) ». Ainsi, a circonscrit Nathalie Kapela, présidente de l'ACE, le rôle de cette Ong dans le paysage médiatique congolais, dans son allocution d'ouverture.

ETAT DES LIEUX DE L'EXPLOITATION

C'est pour marquer sa présence sur terrain que l'ACE a organisé cet atelier au profit de 25 journalistes recrutés dans la presse écrite et audiovisuelle locale. Et c'est devant cette tribune que le président de la FIB est intervenu pour éclairer la lanterne des professionnels des médias sur l'exploitation industrielle du bois en RDC. De l'analyse de Florentin Kage, il y a une inadéquation entre les potentialités forestières de la RDC, estimées à 135 millions d'hectare de forêts, et la production nationale évaluée entre 200 mille et 350 mille m3 de grumes. Et pourtant, avec ses potentialités forestières la RDC peut produire annuellement 6 à 10 millions m3 de grumes. Selon le président de la FIB, la faiblesse de la production forestière est due : aux mesures de zaïrianisation et de radicalisation des années 1973-1974, aux crises sociopolitiques de 1990 à ces jours, aux pillages successifs de 1991 et 1993, aux guerres successives de 1996 et 1996, à l'absence de politique forestière nationale cohérente, à l'insuffisance de politique forestière nationale, à l'insuffisance d'infrastructures économiques de base, à l'enclavement et l'éloignement des massifs les plus productifs, à la désarticulation des institutions bancaires, à la fiscalité et parafiscalité fortement oppressive donc non incitatif.

La conséquence de cette atmosphère morose est la réduction du nombre d'entreprises en activité dans le secteur, de 150 entreprises forestières dans les années 1970 à une dizaine présentement, selon Kage. Pour relancer ces activités, cet opérateur économique en appelle à l'établissement d'un environnement favorable au plan juridique, judiciaire et fiscal.

Aussi, a-t-il souligné, la RDC accuse une carence sévère en matière des cadres forestiers censés aider les entreprises du secteur à atténuer les impacts négatifs dans l'exploitation du bois. Cette carence oblige les opérateurs du secteur à recourir à l'expertise étrangère pour des formations de remise à niveau avant la mise en oeuvre d'une technique d'exploitation nouvelle.

A propos de l'exploitation durable des forêts, le président de la FIB soutient que les opérateurs économiques membres de cette structure sont engagés dans le processus de la certification de bois. Ici, la Soforco a déjà acquis un certificat de type OLB (Origine légalisée de bois). Ce qui permet de valoriser le bois issu d'une gestion responsable des forêts sur le marché.

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