Brice Houssou
24 Octobre 2006
éditorial
Les Béninois ont longtemps, dans leur grande majorité, fustigé les politiciens qui n'ont d'autres armes de lutte pour se faire élire que d'invectiver leurs adversaires. Sur ce plan, les centrales syndicales ont souvent pris le devant des choses. Fort heureusement, lors des dernières élections présidentielles de mars 2006, les politiciens se sont, à la grande surprise de tous, ressaisis et ont eu un comportement exemplaire tout le long du processus électoral.
Ce comportement des politiciens a rehaussé à la face du monde l'image de marque de notre pays. Toutefois, cela ne saurait être effectif que si toutes les couches socio professionnelles donnent le bon exemple. Malheureusement, l'assertion "fais ce que je dis mais pas ce que je fais" continue de caractériser la campagne des centrales syndicales en lice pour les élections professionnelles du 26 octobre prochain.
Une situation déplorable qui n'honore nullement les donneurs de leçons d'hier, incapables de faire la paix, alors qu'ils ont pour une fois entre leurs mains, l'occasion de montrer leur bonne foi aux populations et aux travailleurs qu'ils représentent. Ils doivent démontrer qu'ils sont capables de perpétuer la culture de la bonne tenue en temps d'élection en faisant une vraie campagne électorale et non des querelles de personnes.
"La critique est aisée" serait-on tenté d'affirmer face au triste spectacle auquel on assiste au cours de la campagne comptant pour les élections professionnelles. Le comportement des syndicalistes nous rappelle la triste époque où les politiciens s'offraient en spectacle au lieu d'offrir du spectacle. Et si on n'y prend garde, cette situation n'est pas prête d'être définitivement rangée aux oubliettes.
La morale faite par le passé aux gouvernants par les syndicalistes au vu de ce qui s'observe aujourd'hui au cours de leur campagne, n'aura été en fait qu'un folklore pour simplement se faire entendre et non une réelle vision applicable en toute situation. La bataille électorale n'a pas pu ainsi accoucher, comme cela devrait l'être et comme l'attendaient bon nombre d'observateurs, de grands débats autour des différents programmes présentés par chaque centrale syndicale pour la défense et les revendications en vue de l'amélioration des conditions de vie et de travail des agents affiliés.
Pire, les syndicalistes qui crient et réclament l'alternance au pouvoir, sont incapables d'en faire chez eux. La preuve, il y a aujourd'hui des responsables.de centrales syndicales qui semblent régner à vie, en tout cas, depuis une quinzaine , d'années. Alors, qu'ils arrêtent de faire la leçon aux autres.
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