Joseph Diedhiou
24 Octobre 2006
Face à la recrudescence des actes de violence notée ces derniers temps à Dakar et dans sa banlieue, la sûreté nationale est sortie dimanche pour rassurer les populations quant au renforcement de son dispositif de sécurité. Mais elle appelle également les populations et la presse à davantage de compréhension et de collaboration.
De plus en plus, on note, à Dakar et dans sa banlieue, la recrudescence d'actes de violence. Pour faire le point des mesures prises et à prendre, les services de la sûreté nationale ont tenu, dimanche, un point de presse. Occasion pour eux de lister les causes à l'origine de ce fléau. Il s'agit d'abord, selon les services du ministère de l'Intérieur, du développement de la ville de Dakar et de la démographie galopante. A les en croire, en 2000, avec la montée des actes de violence, un dispositif de sécurité avait été mis en place et avait permis d'arrêter et de condamner les fauteurs de trouble. Aujourd'hui, la plupart de ces gens qui étaient arrêtés, d'après le lieutenant colonel Alioune Ndiaye, ont fini de purger leur peine et sont donc libres. Autrement dit, ce sont ces repris de justice qui sont à l'origine de ces actes de violences. A ces derniers, se sont ajoutés les évadés de la prison de Thiès.
Les autres facteurs relevés par le lieutenant colonel Alioune Ndiaye sont la prolifération des armes légères et le phénomène des agressions noté après les matches de navétanes. De même, note le lieutenant-colonel Aliou Ndiaye, le retour des clandestins peut être un facteur explicatif de la recrudescence des actes de banditisme. Seulement, il serait le fait de gens venus de la sous-région à un moment où il n'y a plus de possibilité de prendre des pirogues, du fait des mesures prises par l'Etat du Sénégal pour freiner le phénomène. Ces candidats à l'émigration, une fois bloqués à Dakar, se livrent à des actes de violence.
Toutefois, face à ces facteurs de violence, auxquels s'ajoutent le trafic de drogue et les coupure d'électricité, la police n'a pas regardé faire. Elle a mis en place des dispositifs de sécurité. Notamment l'opération «Clair de lune» qui consiste, selon le lieutenant colonel Alioune Ndiaye, à veiller toute la nuit dans les rues pour arrêter les malfrats ; l'opération «tourbillon» qui se décline en tournées de surveillance par quartier. Cela, en plus d'autres dispositifs qui sont mis en oeuvre, par la sûreté nationale notamment, via la Division des investigations criminelles (Dic) et la sûreté urbaine dont les deux responsables, respectivement, El Hadji Malick Mbengue et Modou Diagne ont pris part au point de presse de dimanche. Ces derniers ont assuré que leurs services sont à pied d'oeuvre sur le terrain pour combattre ces fléaux. Ainsi, ont-ils rassuré que les voleurs ou groupes de bandits qui ont opéré des coups notamment à Touba, à Grand-Dakar, à Colobane, aux Parcelles assainies, etc., ont été arrêtés. «De bons résultats qui n'éradiquent certes pas la question, mais qui montrent que la police ne dort pas», se sont réjouis les agents de la sûreté nationale.
Mais, précise le chef du bureau de presse de la Police nationale, cette dernière, quand bien même elle est dotée de beaucoup de moyens pour mener son combat, n'a pas tout ce dont elle a besoin. Dès lors, elle lance un appel à la compréhension et à la collaboration des populations, mais surtout de la presse, pour bien accomplir sa mission. Notamment en appelant ses numéros verts : le 17 ou le 800-21-21 pour dénoncer les malfaiteurs. «La police appartient à la population et si tout le monde joue son rôle, il y aura sûrement des résultats probants. Si la presse s'y met, le succès est garanti à 100 %», soutient-il.
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