Recueillis par M. L. Badji et M. Sadio
25 Octobre 2006
Dans cette partie de l'interview, le ministre Georges Tendang explique l'engagement de son sous-secteur à devenir le véritable fer de lance de la croissance à travers la lutte contre le chômage et le sous-emploi.
Solution contre l'immigration clandestine
Au total, pour l'enseignement technique, le bilan de l'année scolaire est bon. Comme perspectives, nous continuerons les bourses pour l'envoi des élèves de l'enseignement technique dans le Supérieur, sans tourner le dos à notre vocation essentielle qui consiste à former les jeunes pour le monde du travail. C'est pourquoi nous allons, entre autres perspectives, renforcer notre collaboration avec le monde du travail. Aussi, face à ce problème d'immigration clandestine, nous avons fait une proposition au président de la République qui consiste à informer les ministères impliqués notamment ceux de la jeunesse, des Forces armées, de l'Intérieur, du Développement social, afin de mettre en place une formation accélérée des jeunes d'une durée de 4 et 6 mois dans les métiers des bâtiments et travaux publics. Des formations qui ne demandent pas une haute technicité : ferrailleur, plombier, charpentier, coffreur, ainsi de suite. À l'issue de la formation, ces jeunes peuvent être opérationnels.
Certains d'entre eux, pourraient trouver du travail dans les futurs chantiers du ministère de l'Enseignement technique et de la Formation professionnelle pour la construction des 6 centres d'enseignement technique féminin et de formation professionnelle. Lesquels sont prévus à Kaolack, Mbacké, Bignona, entre autres localités. D'autres jeunes formés pourraient être employés dans les chantiers de construction d'infrastructures scolaires du ministère de l'Education. Également, les Grands chantiers de l'Etat pourraient utiliser beaucoup de ces jeunes. Une formation continue leur sera aussi servie. Mieux, on va les organiser en coopératives de construction. Ils peuvent, sous la formule de la sous-traitance, eux-mêmes gagner un marché, travailler et employer d'autres personnes.
Nous formerons les jeunes et créerons des entreprises. Avec le FNPJ (Fonds de promotion de la jeunesse), l'Entreprenariat féminin, nous pouvons former des jeunes et leur trouver les moyens de pouvoir eux-mêmes s'installer pour leur propre compte. Cela leur évite d'avoir les yeux rivés ailleurs. Parce qu'au fond, tous ces gens-là qui font l'immigration clandestine n'ont pas de formation professionnelle. Ils vont exercer en Occident les métiers que leur jeunesse refuse ; c'est-à-dire, balayer les rues, cueillir les fruits, cueillir des pommes, des cerises, etc. Donc, je crois qu'il faudrait conscientiser nos jeunes sur la nécessité d'apprendre un métier et de travailler pour son propre compte. Il faut partir avec un métier en main ; et non pas d'aller pour se faire exploiter.
En outre, allons mettre en place, au niveau de chaque projet, un agent chargé de l'insertion des jeunes après la formation ; cela en collaboration avec le ministère de la fonction publique et de l'Emploi. De plus, si nous organisons cette année les Journées de l'enseignement technique et de la formation professionnelle, nous envisageons organiser nous-même des rencontres avec les entreprises pour leur faire l'état des lieux en matière de diplômés du secteur et demander leurs besoins en vue de faciliter l'insertion. Nous voulons de la sorte, avoir une idée exacte de l'évolution des jeunes formés par le département.
Motivation des enseignants
Face aux enseignants, une des propositions directives qui a été faite au Premier ministre lors du Conseil interministériel et qui a été acceptée était que, dans le quota des gens à recruter à la fonction publique, que l'on puisse penser aux professeurs, vacataires et contractuels qui sont dans l'enseignement technique. C'est la première recommandation. Nous avons aussi souhaité qu'on nous donne suffisamment de moyens pour que la politique des bourses continue. Nous avons souhaité enfin que la formation continue des vacataires soit pérenne.
Moyens financiers
C'est vrai le niveau de notre budget ministériel n'est pas assez important, il est actuellement entre 2 et 3 % du budget alloué à l'éducation et à la formation. Nous nous sommes dits que si l'on nous attribuait au moins 10 % des 40 % alloué à l'éducation et à la formation nous serons contents. Par ailleurs, nous cherchons à convaincre qu'il faut le revoir à la hausse compte tenu de l'importance de la formation professionnelle. Nous avons ainsi demandé que la contribution forfaitaire versée par les entreprises privées pour le perfectionnement de leurs agents, aujourd'hui 5 % (environ 450 millions Fcfa) et allouée à l'Office national de la formation professionnelle (Onfp) pour le soutien à la formation et à la capacitation d'entreprises privées soit un peu augmentée.
Le principe a été accepté lors du conseil interministériel d'avant la rentrée scolaire au cours duquel le Premier ministre a donné des instructions dans ce sens. Nous souhaitons qu'elle soit portée à 15 %. Cela dit, nous sommes optimistes car les gens sont de plus en plus conscients de l'importance de l'enseignement technique et de la formation professionnelle pour le développement de nos pays.
(Suite et fin)
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