Ghada Hamrouche
26 Octobre 2006
La Grande-Bretagne, lors d'un grand débat historique à la Chambre des communes, s'est déclarée en faveur du droit du peuple sahraoui à l'autodétermination. Le Royaume-Uni soutient donc les efforts des Nations unies dans la perspective d'«une solution juste et négociée à même de garantir au peuple sahraoui son droit à l'autodétermination», a annoncé mardi dernier le ministre d'Etat britannique pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord aux affaires étrangères, M. Kim Howells.
Lors de ce débat, premier du genre à la Chambre des communes sur le Sahara occidental, le député David Drew a dressé un bilan de l'évolution de la cause sahraouie notamment au sein du Conseil de sécurité, rappelant à juste titre les engagements de la communauté internationale à l'égard du peuple sahraoui, notamment l'organisation d'un référendum d'autodétermination.
Le député travailliste a, d'autre part, évoqué la situation des droits de l'Homme dans la partie occupée du Sahara occidental à la lumière du dernier rapport du Haut-Commissariat des droits de l'Homme (HCDS), tout en demandant au gouvernement britannique d'oeuvrer à publier le rapport dont le contenu «était sous embargo avant que des fuites ne le révèlent au grand public il y a quelques semaines, chose qui a ébranlé l'occupation marocaine». M. David Drew a appelé, par ailleurs, le gouvernement britannique à oeuvrer pour la mise en place de mécanismes de contrôle de la situation des droits de l'Homme au Sahara occidental.
Répondant aux interrogations de députés du Parti travailliste au pouvoir lors du débat susdit, le représentant du gouvernement britannique a rappelé le vote du Royaume-Uni en faveur de la résolution de la quatrième commission de décolonisation de l'Assemblée générale de l'ONU qui «confirme la validité du processus de paix et du plan Baker entériné par la résolution 1495 du Conseil de sécurité».
M. Howels a, par ailleurs, précisé que la position de la Grande-Bretagne à l'égard du débat au sein du Conseil de sécurité sur le Sahara occidental «sera en faveur du prolongement du mandat de la Mission des Nations unies pour l'organisation du référendum d'autodétermination au Sahara occidental [Minurso] en vue du règlement d'un conflit qui n'a que trop duré» avant de souligner que le Royaume-Uni accorde un intérêt particulier au règlement du conflit au profit de l'ensemble des pays et des peuples de la région.
Quant au député Jeremy Corbin, il n'a pas manqué d'exprimer sa consternation face à «l'impuissance de la communauté internationale à organiser le référendum d'autodétermination, alors que les Nations unies s'étaient engagées à le mettre en oeuvre depuis plus de 13 ans, avant de rappeler les résolutions et les recommandations des Nations unies portant sur l'organisation d'un référendum d'autodétermination dans «la dernière colonie d'Afrique». «Il est honteux qu'au 21ème siècle un peuple demeure encore sous la domination», a-t-il martelé, soulignant dans la foulée que «les principes de la justice, de la démocratie et des droits de l'Homme nous imposent à tous d'aider ce peuple et de lui accorder son droit à l'autodétermination». M. Cobin a exigé du gouvernement britannique d'«assumer un rôle efficace pour l'accélération du processus de décolonisation» au Sahara occidental et d'exercer des pressions sur le Maroc pour l'amener à respecter les droits de l'Homme dans les régions occupées au Sahara occidental, en premier lieu le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination.
Les deux députés qui sont intervenus dans les débats sont signataires, rappelle-t-on, d'une motion ouverte en faveur du peuple sahraoui. Ce document, signé pour l'heure par des dizaines de députés représentant tous les partis, appelle le gouvernement britannique à agir pour apporter des amendements à l'accord de pêche conclu entre l'Union européenne (UE) et le Maroc. Cet accord avait été approuvé par le Parlement européen au mois de mai 2005, mais devra faire l'objet d'une évaluation périodique pour s'assurer qu'il ne viole pas les engagements internationaux de l'UE, puisque les eaux territoriales sahraouies relèvent d'un territoire faisant l'objet d'un litige. De son côté, le gouvernement espagnol a réitéré sa position en faveur d'une une solution «dans le cadre des résolutions des Nations unies». C'est la déclaration du ministre des Affaires étrangères, M. Miguel Angel Moratinos, devant la commission des affaires étrangères du Congrès des députés espagnol.
Le ministre des Affaires étrangères espagnol a affirmé que l'Espagne soutient une solution au conflit du Sahara occidental «juste, politique, mutuellement acceptable, permettant l'exercice du droit à l'autodétermination du peuple sahraoui» et s'inscrivant dans le cadre des «principes et résolutions» des Nations unies. «Le gouvernement espagnol a oeuvré, oeuvre et continuera à oeuvrer à une solution définitive au problème du Sahara occidental qui soit, je le répète, juste, politique, mutuellement acceptable et qui permette l'exercice du droit à l'autodétermination du peuple sahraoui», a déclaré encore M. Moratinos.
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