L'intérêt manifesté par le Sénégal pour la production de biocarburant intervient dans un contexte mondial caractérisé par la flambée du prix du pétrole. Pour parer à toute situation compromettante à l'avenir, le gouvernement sénégalais veut se servir de l'expérience brésilienne pour la production du biocarburant à partir des espèces sauvages et de la transformation industrielle.
A la réunion pour l'initiative en matière de production de bioénergie au Sénégal tenue, hier, au ministère des Affaires étrangères, les différents spécialistes, qui faisaient face à la délégation brésilienne venue pour encadrer le Sénégal dans ce domaine, ont soutenu que le pays offre toutes les opportunités pour la production de cette énergie. Pour le coordinateur du Programme de gestion durable et participative des énergies traditionnelles et de substitution (Progede), le colonel Youssou Lô, le pays offre de bonnes conditions tant sur le plan climatique que sur la disponibilité en eau et en terres arables pour la culture du matériau de base pour la production de biofuels. Selon lui, les expériences de production de substances fermentescibles, comme la mélasse produite par la Compagnie sucrière du Sénégal (Css), les plantations d'anacardiers conduites par le service forestier dans la région de Kaolack, les essais de production de biodiésel entrepris par le Progede, la production d'huile de palme en Casamance, ainsi que les cultures traditionnelles du sorgho et du maïs peuvent constituer des éléments de référence pour le démarrage rapide du programme de production de biofuels.
Le colonel Lô souligne qu'il existe une réelle tendance à la flambée du prix des produits pétroliers parce que, 'de plus en plus, la consommation des produits pétroliers augmente alors que les réserves mondiales s'amenuisent', prévient-il. Sous cet aspect, il soutient que l'offre des pays exportateurs risque de connaître de grandes perturbations qui ne garantiront pas sa stabilité.
Responsable du volet demande au Progede, Ibrahima Niang, soutient, de son côté, que face à une telle situation handicapante, il urge de trouver des solutions adéquates pour réduire la facture pétrolière qui devient de plus en plus impossible à supporter pour les pays non producteurs de pétrole comme le nôtre. 'La flambée des prix du pétrole a eu, entre autres conséquences, pour le Sénégal, l'augmentation de son volume de dépenses pour l'importation des produits pétroliers qui est passé de 180 milliards en 2000 à 300 milliards de francs Cfa aujourd'hui', a fait remarquer M. Niang qui ajoute que 'cette forte dépendance extérieure rend le pays plus vulnérable en terme de sécurité énergétique et impose la recherche de solutions idoines pour son indépendance énergétique'.
A cette rencontre présidée, hier, par l'ancien ministre de la Recherche scientifique, Christian Sina Diatta, tous les spécialistes ou techniciens des différents départements ministériels ou autres services qui sont intervenus dans le débat admettent que le déficit actuel en électricité que vit le Sénégal risque de se prolonger pendant un certain temps, malgré l'engagement des pouvoirs publics à venir à bout de ce problème. En tout cas, la délégation brésilienne, après avoir écouté l'exposé des techniciens sénégalais, a encore réitéré son engagement à aider le Sénégal dans la production du biocarburant.

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