Abdoulaye Tao
27 Octobre 2006
Issouf S. et Noraogo S. sont deux vigiles d'une société de gardiennage de la place. Leur mission : surveiller les câbles de l'ONATEL au dépôt de l'Ecole nationale des postes et télécommunication. Le 24 octobre 2006, ils ont comparu pour soustraction de câbles au détriment de l'ONATEL.
En mai 2006, l'ONATEL a porté plainte pour vol de ses câbles. Les enquêtes diligentées ont abouti à l'interpellation de deux vigiles, Issouf S. et Noraogo S. qui travaillaient sur le site.
Les prévenus ont reconnu les faits en enquête préliminaire et lors de leur audition devant le procureur.
Entendus par le juge, les deux prévenus sont restés constants dans la reconnaissance de soustraction de câbles. Il y a eu cependant divergences sur le nombre de vol. A la barre, Issouf S. a reconnu 3 vols, alors que dans le procès-verbal d'enquête préliminaire, il est fait mention de 5 vols.
Les prévenus ont tenté de justifier leur acte par le fait qu'au moment des faits, ils cumulaient trois mois d'arriérés de salaire. Noraogo S aurait eu l'idée, selon Issouf, afin de se faire un peu d'argent.
Les deux prévenus ont tenté également de faire croire au tribunal que les câbles qu'ils ont vendus étaient usagés. Cela n'a pas convaincu le juge qui a demandé si les câbles leur appartenaient et s'ils avaient eu l'autorisation préalable de l'ONATEL.
Pour le juge, quand on a des arriérés de salaire, on engage plutôt une procédure contre son employeur.
Le parquet a requis 24 mois ferme dans ses réquisitions contre les deux prévenus. Il a motivé ses réquisitions par le fait que les gardiens ne doivent pas se livrer à de telles pratiques. Les 24 mois requis leur permettront de réfléchir sur leurs actes.
Prenant la parole en dernier, les prévenus ont demandé la clémence du tribunal. Ils ont finalement écopé de 12 mois de prison ferme.
AFFAIRE ISSAKA KORGO - En attendant l'appel du parquet
Le 5 octobre dernier, la justice burkinabè a relaxé le patron de SOKOCOM, Issaka Korgo, des accusations de faux et usage de faux en écriture publique. Il nous revient que le parquet, non satisfait du verdict, a relevé appel.
En attendant que le dossier soit enrôlé par la cour d'appel, les entreprises de l'homme d'affaires attributaires de marchés publics avant la décision de radiation du conseil des ministres du 7 septembre dernier se sont vus retirer lesdits marchés. Du côté des avocats de la défense, (Me Boukoungou et Me Farama), on n'est pas loin de croire à une intention manifeste de nuire à leur client. Pour les avocats, la radiation aurait dû prendre effet après la décision du conseil des ministres et non sur les marchés déjà attribués et en cours d'exécution.
Face au préjudice subi, il n'est pas exclu, selon la défense, qu'elle engage des procédures à cet effet.
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