Brice Houssou
31 Octobre 2006
éditorial
L'argent n'a pas d'odeur. On peut donc s'en procurer par tous les moyens, pourvu que ces moyens ou méthodes ne conduisent pas directement en prison.
Du moins, c'est là le leitmotiv d'une nouvelle race de commerçants qui ont choisi, non pas d'ouvrir un bazar pour gagner de l'argent, mais d'explorer le milieu de l'enseignement. Le commerce, c'est le monde des affaires. L'éducation, c'est le social. Comme on peut le constater, c'est le jour et la nuit. En d'autres termes, on ne peut faire du commerce dans le secteur de l'éducation. Pourtant, c'est ce à quoi on assiste aujourd'hui.
Des cupides escroquent les parents et élèves en mettant sur le marché des manuels scolaires qui répondent à tout, sauf aux besoins réels des apprenants. Or tous les jours, les chaînes de radio et de télévision voire les journaux de la place sont inondés de publicités agressives sur des manuels scolaires. Ce qui donne a priori confiance aux parents, c'est le fait que le nom de certains enseignants expérimentés, parfois inspecteurs ou conseillers pédagogiques sont utilisés comme pour donner de la " valeur " aux ouvrages édités et mis sur le marché.
Mais c'est là le vrai drame. Il y a que nombre de ces ouvrages ne satisfont pas au minimum de règles exigées en matière de réalisation de manuels scolaires. En fait, nous nous retrouvons là aussi en face d'une autre plaie du monde de l'éducation : la pagaille généralisée qui permet à chacun de faire à sa guise et selon ses possibilités. Pourquoi y-a-t-il dans ce pays des écoles qui ouvrent et qui accueillent des élèves et écoliers, sans autorisation formelle des structures étatiques compétentes ? Pourquoi tout quidam peut-il se lever et produire aujourd'hui un ouvrage scolaire et le mettre sur le marché, sans qu'aucune structure officielle composée de personnes averties ne donne son avis consultatif ? Pourquoi pense-t-on que le nom de personnes qu'on présente comme des expérimentées du domaine suffit pour donner caution à ces ouvrages ?
L'éducation, c'est le socle du développement de la Nation. Car la personne humaine est la plus précieuse des richesses d'un pays, c'est-à-dire que de la bonne formation des ressources humaines dépend le développement. Or, cette foire de mauvais aloi qui a cours par rapport aux manuels scolaires n'est rien d'autre qu'un assassinat programmé de notre éducation. Le massacre devra s'arrêter. Avis aux assassins de l'éducation que sont ces éditeurs de manuels de qualité douteuse ainsi qu'à leurs complices que sont les autorités en charge de l'éducation.
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