Ghada Hamrouche
31 Octobre 2006
Les trois Algériens impliqués dans l'affaire de détournement de 20 milliards de dinars de la Banque nationale d'Algérie (BNA), incarcérés depuis janvier dernier à la prison civile de Salé près de Rabat au Maroc, devront être extradés au plus tard le 12 novembre prochain du royaume, a annoncé hier l'APS citant des sources proches du dossier à Rabat. Selon les termes de l'accord de coopération judiciaire signé entre l'Algérie et le Maroc en 1963, les trois prévenus doivent être remis aux autorités requérantes dans un délai d'un mois après la signature du décret d'extradition.
Les décrets d'extradition du territoire marocain des trois Algériens, notamment le principal accusé dans cette affaire, ont été signés le 12 octobre dernier par le chef du gouvernement marocain, M. Driss Jettou, précise la même source après sa signature par les ministres de l'Intérieur et de la Justice. La Cour suprême marocaine avait statué sur cette affaire au mois de mai au bout de trois mois de procédure judiciaire, elle a tranché en faveur de l'extradition des trois Algériens. La justice marocaine devrait statuer dans les prochains jours sur le cas d'un quatrième Algérien impliqué dans cette affaire, «S. B.», arrêté au mois de mai dernier à Casablanca, et placé en détention préventive à la prison de Salé.
La signature du décret d'extradition de ces Algériens, soupçonnés d'être les principaux instigateurs du tristement célèbre détournement de la BNA, boucle une longue procédure judiciaire. Pour rappel, la justice algérienne avait émis un mandat d'arrêt international contre «A. A. R.», «A. R.» et «H. M.» au mois de décembre dernier, et introduit la requête de leur extradition vers l'Algérie auprès des autorités marocaines quelques jours après leur arrestation à Casablanca.
Des sources judiciaires marocaines avaient indiqué, au mois d'avril dernier lors du procès des trois Algériens, que «les trois prévenus seront transférés en Algérie sur la base d'un décret d'extradition.» Les trois accusés (A. A. R., A. R. et H. M.), impliqués dans l'affaire du détournement de plus de 20 milliards de dinars au détriment de trois agences de la BNA, ont été arrêtés, début janvier dernier à Casablanca où ils se sont installés depuis leur fuite, par la police judiciaire marocaine à la demande d'Interpol sur la base d'un mandat d'arrêt international lancé contre eux par la justice algérienne. C'est en fait le tribunal de Sidi M'hamed à Alger qui avait, en décembre 2005, émis un mandat d'arrêt international contre plusieurs personnes impliquées dans cette affaire, notamment les trois mis en cause pour, entre autres délits, détournement de deniers publics, faux et usage de faux et émissions de chèques sans provision. Outre les trois prévenus, dix-sept autres personnes sont impliquées dans cette affaire de détournement de deniers publics au détriment de la BNA à travers ses agences de Cherchell, de Bouzaréah et celle de Koléa, d'où toutes les opérations délictueuses étaient orchestrées. Dans cette affaire, qui remonte à l'année 2004, l'expertise comptable effectuée par la BNA a établi que près de 1 946 chèques ont été émis et encaissés sans garantie par la «National Plus», la société écran du principal accusé, A. A. R. Selon le dossier d'accusation, des personnes impliquées dans cette affaire sont actuellement en fuite en Europe, notamment en Grande-Bretagne.
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