L'Express (Port Louis)

Ile Maurice: Le musée de la photo ressuscite

Port Louis — Tristan Bréville, devant son Album de photos historiques, édité en 2003.

Sauvetage in extremis. Plus d'une fois, la main a trembloté au bas de la feuille. Tristan Bréville était tout prêt à signer l'acte de décès du Musée de la photographie. Déterminé à vendre des années de patiente accumulation de trésors photographiques soit à des Américains, des Français ou, tout dernièrement, des Réunionnais.

Lassé par 13 ans de lutte. Plus d'une décennie à demander, supplier, exiger que la mairie de Port-Louis reconnaisse le musée et régularise sa situation. En somme, le mette à l'abri d'une éviction éventuelle.

Entre-temps, 13 lord-maires se sont succédé depuis que Jérôme Boulle, qui occupait ces fonctions en 1992, a initié le projet de soutien de la ville de Port-Louis à "son" musée.

"J'étais mort pendant 13 ans. Un photographe mort. Je ne faisais plus de photos." Tristan Bréville revit depuis hier. Date de la signature de la convention entre la mairie de la capitale et les gérants du Musée de la photographie : le couple Tristan et Marie Noëlle Bréville.

Au-delà de la symbolique des signatures, cette convention rend officielle la mise à la disposition des gérants, du bâtiment appartenant à la mairie et situé à la rue du Vieux Conseil. "Enfin le jour du mariage est arrivé, commente, à cette occasion, le lord-maire Reza Issac, mais avant le mariage il y a eu le divorce. Nous concluons un combat initié depuis des années : la lune de miel peut commencer."

L'histoire du Musée de la photographie, commencée il y a bientôt 40 ans au domicile des Bréville d'abord à Rose-Hill puis à Quatre-Bornes, a été ponctuée par des moments de doute mais aussi de recherches intenses et d'appels à la bonne volonté des citoyens. C'est ainsi qu'à travers des dons ou des acquisitions, (Tristan Bréville assurant qu'il payait souvent de sa poche), que s'est étoffée la collection du musée de la photographie.

Un contenu riche non seulement de daguerréotypes, de documents rares mais aussi d'appareils photo qui ont traversé le temps. Au final, ce qui est connu comme le Musée de la photographie héberge une série d'autres petits musées, témoins de l'histoire du rail et du timbre, entre autres. Un capital évalué, selon la convention signée hier, à Rs 200 millions, archives comprises.

Concrètement, ce qui change pour le Musée de la photographie, ce sont d'abord ses relations avec la mairie. Même si Tristan Bréville utilise toujours le mot "combat", il explique qu'il va maintenant s'atteler à "ouvrir les autres musées que nous avons créés". Il ressort également que par cette convention, la municipalité de Port-Louis accordera une subvention annuelle de Rs 300 000 pour la gestion du musée.

Le contrat précise qu'"aucun salaire, ni rétribution, ni frais de déplacement n'est demandé par les gérants". La mairie s'engage aussi à financer les travaux de rénovation du musée, les frais d'assurance de son contenu ainsi que des factures d'eau, d'électricité et de téléphone pour un montant ne dépassant pas Rs 1 000 par mois.


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