Coulibaly Zié Oumar
31 Octobre 2006
Des éléments du Cecos ont intercepté vendredi, à Angré, des individus en train de livrer plusieurs cartons de produits pharmaceutiques à des vendeuses de médicaments de la rue. Les malfrats au nombre de deux ont été interpellés, leur fourgonnette et son contenu saisis.
Joint par téléphone, Dr. Kouassi Parfait, président du Conseil national de l'Ordre des pharmaciens de Côte d'Ivoire (Cnop-ci), a confirmé que des individus se préparant à livrer des produits pharmaceutiques à des vendeuses de médicaments ont été arrêtés mais s'est refusé à tout commentaire. Se réfugiant derrière "l'enquête en cours". Toutefois, un autre pharmacien proche du dossier a bien voulu, sous le couvert de l'anonymat, faire le récit de ce scandale. Selon cette source, c'est aux environs de 14h30 que le président du Cnop-ci est informé par le commissaire Negblé du Cecos de l'interpellation des malfrats. Dr. Kouassi suggère alors au commissaire de poursuivre la procédure, le temps pour lui d'informer les autres conseillers de l'Ordre, le syndicat et le procureur de la République Tchimou Raymond. Les médicaments saisis sont 17 cartons de 100 boîtes d'Efferalgan, 7 cartons de 40 boîtes de CAC 1000, 2 cartons et demi de 120 boîtes de Nufluril, un carton de 120 boîtes de Doliprane et 13 cartons de divers produits pharmaceutiques.
Les papiers de la fourgonnette de marque Peugeot Expert, de couleur blanche, immatriculée 5591EF01, montrent qu'elle est la propriété de Copharmed, une société de distribution de produits pharmaceutiques de la place. Informés, selon nos sources, les responsables de cette société ont affirmé que le véhicule a été vendu à un pharmacien de la place et n'est plus leur propriété dans la mesure où, selon nos sources, tous les papiers de mutation ont été faits. Ce qui montre que la complicité se trouve dans le milieu des pharmaciens. En effet, les vendeurs de médicaments de la rue ont toujours tenu des propos du genre : "Nous nous approvisionnons chez les mêmes fournisseurs que les officines" ou "ce sont les pharmaciens eux-mêmes qui nous livrent les médicaments". Ceci pour démontrer la complicité des professionnels de la pharmacie dans ce trafic. La profession elle-même n'ignore pas l'existence de brebis galeuses en son sein. C'est pourquoi l'Ordre avait saisi le 29 septembre dernier, le procureur de la République, M. Tchimou Raymond, pour mener des enquêtes sur cette pratique. Au Cecos, il avait été demandé d'interpeller toute personne livrant des stocks de médicaments à un non pharmacien.
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