United Nations (New York)

Afrique: Selon une nouvelle étude, la santé sexuelle se dégrade

2 Novembre 2006


L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) souhaite attirer l'attention sur une nouvelle étude médicale qui montre que la santé sexuelle se dégrade, soulignant par exemple que plus de 500 000 femmes meurent chaque année suite à des complications de la grossesse ou de l'accouchement et 68 000 après un avortement.

D'après les résultats de la première étude jamais réalisée à l'échelle mondiale sur la santé sexuelle qui seront communiqués prochainement dans la revue médicale « The Lancet », le nombre de décès prématurés imputables à des problèmes de santé sexuelle est encore en augmentation, affirme un communiqué de l'OMS publié hier à Genève.

« Les rapports sexuels à risque sont la deuxième cause de maladie et de décès dans les pays en développement et la neuvième dans les pays développés », souligne le communiqué.

Chaque année, plus d'un demi-million de femmes meurent suites à des complications de la grossesse ou de l'accouchement.

L'accès à la contraception s'est amélioré dans le monde mais on estime que 120 millions de couples ne peuvent toujours pas se procurer les moyens contraceptifs qu'ils souhaiteraient utiliser ou dont ils auraient besoin.

Chaque année, on compte environ 80 millions de grossesses non désirées, dont 45 millions sont interrompues. Selon les chiffres de l'OMS cités dans l'enquête, 19 millions d'avortements non médicalisés sont pratiqués chaque année, lesquels se soldent par quelque 68 000 décès.

« Ces statistiques sont évocatrices d'un effroyable catalogue de drames humains », affirme Joy Phumaphi, sous-directeur général à l'OMS.

« Loin d'avoir fait des progrès, nous semblons avoir régressé depuis que la notion de santé génésique a pris corps au Caire en 1994. Ce problème est de moins en moins considéré comme prioritaire par la communauté internationale et les gouvernements se montrent peu enclins à s'attaquer à cette menace qui pèse de manière absolument cruciale sur la santé et le bien-être », a-t-il ajouté.

La diminution de l'aide financière, les ingérences politiques accrues et la réticence générale à faire face aux menaces qui pèsent sur la santé sexuelle, explique la dégradation de la situation.

Entre 1995 et 2003, le soutien des bailleurs de fonds à la planification familiale a été ramené de 560 millions de dollars à 460 millions, fait observer le communiqué.

L'analyse de données provenant de 59 pays montre que contrairement à une opinion répandue, l'âge du premier rapport sexuel n'a pas universellement tendance à baisser. En revanche, les mariages plus tardifs font que les occasions de relations sexuelles préconjugales sont plus nombreuses, d'où des taux élevés de grossesses non désirées, d'avortements non médicalisés et d'infections sexuellement transmissibles chez les jeunes, explique encore l'OMS.

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