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Centrafrique: La rébellion prête à dialoguer après la prise de Birao

2 Novembre 2006


Bangui — Après la prise lundi de la ville Birao (nord), la coalition des trois groupes rebelles centrafricains s'est dite prête à entamer des négociations avec le gouvernement pour résoudre les problèmes du pays et éviter un « bain de sang inutile ».

« Nous voulons engager des pourparlers avec le gouvernement », a déclaré jeudi à Birao Michel Detodia, le leader de la coalition des rebelles, l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR).

Réagissant à la proposition du leader de l'UFDR, Cyriaque Gonda, porte-parole du Président François Bozize, a déclaré: « Le gouvernement n'a reçu aucune demande officielle d'un groupe rebelle concernant une éventuelle ouverture de négociations. Dès qu'une telle demande nous sera transmise, nous aviserons ».

L' UFDR est une coalition de trois mouvements armés : le Groupe d'action patriotique pour la libération de la Centrafrique (GAPLC), le Mouvement des libérateurs Centrafricains pour la justice (MLCJ) et le Front démocratique Centrafricain (FDC).

L'UFDR s'est emparée de quatre véhicules blindés et de deux autres véhicules 4 x 4 appartenant à la garnison militaire lors de la prise de la Birao.

A en croire M. Detodia, l'alliance n'avait d'autre choix que celui des armes pour « protester contre la politique exclusionniste » du régime de Bozize.

Selon lui, M. Bozize s'est entouré de membres de son ethnie pour diriger le pays depuis qu'il a renversé l'ex-Président Ange-Félix Patasse et pris le pouvoir en mars 2003.

« Beaucoup de gens appartenant à d'autres ethnies et partis politiques sont écartés de la gestion du pays », a déploré M. Detodia.

Leader de la coalition rebelle, M. Detodia est également le chef de file du GAPLC. Le capitaine Abakar Saboune est le porte-parole de cette coalition et le leader du MLCJ.

Quant au commandant Justin Hassane, il est le responsable des opérations militaires de l'alliance et le chef du FDC. Il faisait également parti de la garde présidentielle de l'ex-Président Patasse.

Réaffirmant la volonté de l'alliance d'engager des pourparlers avec le gouvernement, M. Saboune a déclaré: « Nous n'avons pas de choix particulier concernant le lieu où ces pourparlers pourraient se tenir. Cependant, nous aurions souhaité qu'ils se déroulent dans notre pays pour éviter les problèmes financiers liés à l'organisation de ces négociations ».

Une médiation nationale ou internationale, selon le cas, pourrait être envisagée, a précisé M. Saboune.

« Il n'y avait pas d'autre alternative, puisque depuis plusieurs mois nous appelons au dialogue ; si le gouvernement rejette cette proposition, nous continuerons de privilégier l'option militaire », a indiqué M. Saboune.

Pour l'instant, les troupes de l'alliance resteront à Birao.

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