Cameroon Tribune (Yaoundé)

Cameroun: L'assurance, une nécessité

Rousseau-Joël Foute

3 Novembre 2006


A la clôture de l'exercice budgétaire au 31 décembre 2004, le marché camerounais de l'assurance comptait 22 sociétés agréées, dont 14 IARD (incendie, automobile, risques divers), et huit sociétés Vie, d'après les statistiques fournies par l'Association des sociétés d'assurances du Cameroun (ASAC).

Les émissions de primes se sont élevées à 89,7 milliards contre 84,7 milliards de F CFA en 2003, soit une progression de 4,9 milliards en valeur absolue, et 5,8% en valeur relative.

Le marché de l'assurance-dommage, d'après la même source, a été animé par 13 sociétés à l'exception de Samiris, " qui a été agréée en cours d'exercice et qui n'a pas pu fournir de chiffres ". Les émissions de la branche se sont élevées à 79,9 milliards contre 71,4 milliards en 2003, soit une progression de 3,5 milliards en valeur absolue et de 4,9% en valeur relative. Les branches automobile, accidents corporels et maladies sont les branches les plus importantes avec respectivement 34,3% et 29% desdites émissions.

Au titre de la réassurance, le résultat brut de réassurance était favorable aux réassureurs et s'établissait à 16,7 milliards. La marge de solvabilité des sociétés dommages était excédentaire et se chiffrait à 15,4 milliards. Les engagements réglementés des sociétés dommages se sont élevés à 88,8 milliards et les actifs de couverture étaient évalués à 93,6 milliards, soit un taux de couverture de 105,4%.

Sur les huit sociétés agrées pour présenter les opérations d'assurance-vie et de capitalisation au Cameroun, " sept, à l'exception de Pro-Assur Vie, ont effectivement développé leurs activités en 2004 ", d'après l'ASAC. Les émissions réalisées étaient de 14,7 milliards contre 13,3 milliards en 2003, soit une progression de 1,4 milliard de F CFA en valeur absolue, et de 10,81% en valeur relative. Les paiements des sinistres, les contrats à termes et les rachats se sont élevés à 6,8 milliards contre 7,2 milliards en 2003.

Il y a lieu de relever quelques faiblesses du marché camerounais, notamment la non-assurance dans la branche automobile, l'importance croissante des arriérés de primes, et la baisse du niveau de paiement des sinistres, toutes choses qui entraînent au Cameroun une espèce de crise de confiance entre assureurs et assurés. Pourtant, l'assurance est une nécessité vitale.

Selon André Bayala, qui s'exprimait en tant que président de la Fédération des sociétés d'assurances de droit national africaines (FANAF), lors de la 30e assemblée générale de cet organisme en février dernier à Yaoundé, l'assurance est une profession très spécifique caractérisée par l'inversion de son cycle de production, en ce sens que l'assureur perçoit un prix de vente (la prime) avant de connaître son prix de revient (le sinistre). Il doit, sur la base d'une observation statistique très affinée avec le temps, constituer avec la plus grande prudence des provisions pour faire face, le moment venu, aux engagements pris envers les assurés et bénéficiaires de contrats. Ces sommes, appelées provisions techniques, sont d'autant plus importantes que la liquidation des sinistres est lente pour des raisons diverses telles que l'intervention de la justice ou les délais de consolidation de la victime en cas de dommages corporels.

En attendant d'être payées aux victimes, les provisions sont mises à la disposition de l'économie à travers le système bancaire ou sous forme de placements directs et divers en actions, en obligations ou dans des investissements immobiliers. Autant de moyens de financement de l'économie.

Par ailleurs, l'industrie des assurances propose des produits pour assurer la scolarisation et l'éducation des enfants , produits souvent assortis d'options en cas de disparition des parents. Les indemnisations versées par les assureurs permettent aussi de reconstituer des patrimoines détruits, de garantir des revenus à la veuve et aux orphelins à la suite de la disparition du chef de famille, de garantir aux personnes physiques comme morales la sécurité de leurs revenus et partant, une sérénité de vie. Pour toutes ces raisons, la culture de l'assurance doit être davantage vulgarisée, en même temps que les assureurs doivent renforcer leur crédibilité en réglant rapidement les sinistres. L'avenir de la profession en dépend.

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