Midi Madagasikara (Antananarivo)

Madagascar: Chikungunya et dengue, la guérison des patients malgaches intrigue les chercheurs français

50.000 patients atteints lors de l'épidémie  de l'an dernier -a-t-il été affirmé sur la scène régionale, dans l'océan indien.

L'épidémie de forte fièvre d'il y a quelques mois et qui a fait coulé tant d'encre à Madagascar, est maintenant derrière nous. Chikungunya ? Dengue ? Les informations officielles, après de longs moments d'attente, il faut bien le reconnaître, affirmaient qu'il s'agissait de dengue et qu'il n'y avait que des cas sporadiques de chikungunya. Informations que les pays voisins dans l'Océan Indien et également la France semblent avoir pris avec des pincettes, si l'on se réfère aux recommandations faites à leurs ressortissants, notamment ceux de la France, s'ils projettent de faire un séjour à Madagascar.

« De nombreux cas de chikungunya sont recensés sur la côte nord-est et nord-ouest (de Majunga à Tamatave) », lit-on sur le site Internet du ministère français des Affaires étrangères - dont la dernière mise à jour remonte au 12 octobre 2006 - dans sa page des conseils aux voyageurs. En fait, personne n'a pu véritablement affirmer clairement combien de cas de chik ont été recensés. Aucune distinction statistique n'a été annoncée et presque tous les cas de forte fièvre lors de l'épidémie qui a sévi à Madagascar, ont été identifiés comme étant la dengue, le chik n'éant présent que de manière sporadique. Quoi qu'il en soit, sur la scène régionale (Océan Indien), le chiffre de 50.000 cas, dengue et chikungunya confondus, a été avancé.

Chloroquine ?

Car la question des maladies émergentes, essentiellement le chikungunya et la dengue, a été justement abordée lors de la dernière réunion des ministres de la Santé des pays de la Commission de l'Océan Indien le 30 octobre dernier. Rencontre au cours de laquelle, le cas de Madagascar, notamment, la guérison des malades traités par la chloroquine, a quelque peu intrigué. En effet, le traitement par la chloroquine de ces cas de fièvre, assimilés à du paludisme alors qu'il s'agissait en fait de chik ou de dengue, a pourtant permis à ces malades de guérir au bout de trois jours de traitement. C'est ce fait qui intrigue les chercheurs français de l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) car la chloroquine ne traite pas, à la base, le chikungunya et la dengue mais le paludisme. Sous peu, des experts se rendront dans la Grande Ile afin de se faire leur propre opinion sur la question. Des recherches s'ensuivront. En attendant, sur le plan régional, la coopération entre les pays membres de la COI est déjà en marche en matière de mesures de prévention contre le chikungunya. Un centre de veille sera mis en place à Madagascar - et un autre à la Réunion - et sera accessible aux pays de la COI pour une synergie dans les actions.


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