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Ouganda: « Il n' y a pas d'enfants captifs ici » - Joseph Kony, leader de la LRA

16 Novembre 2006


RI-KWANGBA — L'armée de résistance du Seigneur (LRA) ne détient aucun enfant captif et ne compte dans ses rangs que des « combattants », a affirmé Joseph Kony, leader du mouvement rebelle ougandais, à un haut responsable de l'agence humanitaire des Nations unies.

« Il n'y a pas d'enfants dans notre mouvement. Nous n'avons (sic) que des combattants », a déclaré M. Kony à Jan Egeland, le Coordonnateur des Affaires humanitaires des Nations unies (ONU), au cours du bref entretien qu'ils ont eu dimanche près de la frontière entre le Soudan et la République démocratique du Congo (RDC).

Leader de la LRA, M. Kony s'est rendu tristement célèbre en kidnappant des enfants qu'il enrôlait dans ses unités combattantes ou employait comme esclaves sexuels au service des commandants de son mouvement.

La rencontre entre MM. Egeland et Kony a eu lieu sous une tente, à Ri-Kwangba (Sud Soudan), un des deux sites de cantonnement désignés pour les combattants de la LRA et spécifiés dans l'accord de cessation des hostilités conclu à Juba, la capitale du Sud Soudan, entre la rébellion et le gouvernement ougandais.

Au cours de son entretien avec le leader de la LRA, M. Egeland lui a fait part de ses préoccupations concernant le sort des personnes enlevées.

« Que dire à ces mères qui pleurent et attendent désespérément de revoir leurs enfants qui ont été kidnappés », a demandé Jan Egeland au chef de la LRA.

M. Egeland, qui espérait obtenir la libération des femmes, enfants et combattants blessés détenus par la rébellion, a quitté le Sud Soudan sans avoir la moindre information sur leur sort.

« Je pense que cette rencontre était importante. C'est la première fois que nous faisons comprendre au haut commandement de la LRA toute la portée des problèmes humanitaires, notamment la nécessité d'une réelle cessation des hostilités, la libération et le retour dans leur famille des personnes qu'ils ont enlevées », a expliqué M. Egeland.

Au mois d'octobre, le groupe rebelle et le gouvernement ougandais ont signé un nouvel accord de cessez-le-feu qui ouvre la voie à de nouvelles négociations. Ces négociations devraient déboucher sur un règlement définitif du conflit ougandais et permettre à deux millions de déplacés de rentrer chez eux.

Bien qu'ils aient signé cet accord, M. Kony et les membres du haut commandement de la LRA refusent de participer aux pourparlers de Juba, craignant d'être arrêtés pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité. En effet, cinq hauts responsables de la LRA, dont M. Kony et Vincent Otti, son commandant en second, sont sous le coup d'un mandat d'arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI) de la Haye, aux Pays-Bas.

Pour les populations du nord de l'Ouganda, ces poursuites ne se justifient plus et ne feront que prolonger le conflit.

Quant au gouvernement ougandais, il a promis une amnistie à M. Kony si les négociations aboutissaient, et a proposé l'arbitrage d'un système judiciaire traditionnel pour mettre fin au conflit.

Les mandats d'arrêt de la CPI constituent un obstacle majeur aux négociations, ont confié MM. Kony et Otti à Jan Egeland.

« Si les mandats d'arrêt sont levés, nous participerons aux pourparlers de paix », a souligné M. Otti.

Après avoir rappelé que la CPI était indépendante et qu'il ne pouvait pas commenter les décisions de cette institution, M. Egeland a indiqué que le problème de la justice n'a pas été abordé.

« Paix et justice vont de paire », a-t-il souligné. « Il ne peut y avoir de paix durable sans justice », a-t-il ajouté.

Très peu de combattants de la LRA se trouvent à Ri-Kwangba, un des deux sites de cantonnement spécifiés dans l'accord de cessation des hostilités. Selon certaines sources, les rebelles préféreraient leurs campements bien équipés à ces sites boueux envahis par les mouches.

M. Egeland a également plaidé en faveur d'une amélioration des conditions de vie dans les camps.

« En tant qu'organisation humanitaire internationale, nous avons une grande responsabilité dans ce domaine et nous espérons trouver une solution à ce problème dans les prochaines semaines ».

La réhabilitation du nord de l'Ouganda sera une priorité, a indiqué M. Egeland. Des fonds ont été prévus, à titre de contribution des Nations unies aux pourparlers de paix, pour aider les combattants qui rejoindront les sites de cantonnement.

Avant de rencontrer le leader de la LRA, Jan Egeland s'était entretenu à Juba avec les délégations présentes aux négociations de paix destinées à mettre fin à deux décennies de guerre civile dans le nord de l'Ouganda.

« Je pense que des progrès sont encore possibles. La communauté internationale a mis du temps à comprendre toutes les implications du processus de paix. Désormais, nous les connaissons et sommes prêts à apporter notre aide », a déclaré M. Egeland après sa rencontre avec le vice-président du Sud Soudan, Riek Machar, médiateur en chef des pourparlers en cours.

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