L'Aurore (Conakry)

Guinée: Remaniement à la SAG, pénible chute de Mahdy Camara!

SALIOU BAL'LA

20 Novembre 2006


Suite à la réunion des Directeurs élargie aux Surintendants, le 10 novembre 2006, à Koron, le Manager Director (MD) de la Société Ashanti GoldFields de Guinée (SAG) a décidé la restructuration de la Direction Générale qui a vu l'éclatement de plusieurs Directions de Services.

Le MD, Sud- africain d'origine congolaise, Christillan Rampah Luhembwe, qui a pris les rênes de la (SAG) a décidé la mutation de Docteur Mahdy Camara, précédemment Directeur des Ressources Humaines et du Développement au poste de Directeur du Département Formation et Développement.

M.Tamba Kéïta, jusque là, surintendant des Ressources Humaines et des Relations de Travail, monte comme Directeur du Département Ressources Humaines. Madame Touré N'Nady Conté, auparavant Directrice du Bureau de Conakry, regagne le site de Koron pour occuper le poste de Directrice du Département des Politiques et Procédures.

Madame Barry du service Juridique remplace, Madame Touré, au Bureau de Conakry. M. Ahmadou Fofana maintient son poste de Relations communautaires mais Ansoumane Sylla lui, quitte le Département Lost Control (contrôle de Pertes) éclaté en trois services (Sécurité, Santé et Environnement). Il est actuellement Directeur du Service Santé.

Selon des informations, la technologie industrielle de la SAG étant très polluante, le poste de Directeur de Service Environnement est réservé à un expatrié dont le nom reste encore inconnu de tous. De sources concordantes, ce remaniement serait dû aux licenciements abusifs des travailleurs de la SAG, qui avaient observé un débrayage le 9 juin dernier.

Une décision que l'Inspecteur Général du Travail, M.Mamady Doumbouya n'aurait pas avalisée, à cause de son caractère illégal. D'ailleurs le 13 novembre 2006, la Fédération Professionnelle des Mines, Carrières et Industries assimilées, était chez l'Inspecteur Général du Travail, M.Mamady Doumbouya. Pour lui faire part du niveau des négociations avec la Société Ashanti GoldFields de Guinée. Compte rendu

Rien ne va plus dans le Bouré! Les travailleurs de la Société Ashanti GoldFields de Guinée exigent une augmentation de 50% de leurs salaires. Le bulletin interne en fait largement écho dans son édition du 14 juin 2006. Le 15 octobre 2006, une réunion de concertation a mobilisé dans la salle de conférence des Ressources Humaines, des membres de la Direction Générale de la SAG, section syndicale, comité de crise et médiateurs, pour débattre de la crise suite au débrayage du 9 juin, dont les sujets de négociation sont entre autres l'augmentation des salaires, cette fois ci de 300%, l'indexation des salaires au taux du Dollar, la subvention au ravitaillement des denrées de première nécessité et le recrutement des journaliers.

Les Représentants de la Direction estiment que les trois premiers points de revendication ont été largement discutés avec le syndicat et qu'«un accord a été conclu, s'agissant des journaliers de grands progrès ont été réalisés».

En réplique «comme il y a une crise de confiance, le syndicat sollicite qu'une exception soit faite pour permettre au comité de crise de participer aux négociations». La Direction était vraiment surprise de la réaction de la force ouvrière malgré l'accord conclu. La Direction pense que le message n'a pas été bien compris, sur les arguments liés aux avantages et inconvénients de l'indexation des salaires. Au finish, les parties sont convenues de discuter des moyens de protection du salaire lors d'une autre concertation.

La Direction a décidé d'une indemnité de logement de 140 000 à 170 000 francs (Gnf) pour les cadres moyens et 160 000 à 200 000 Gnf pour les cadres supérieurs à Conakry.

A Koron (Siguiri) une indemnité de logement de 90 000 à 130 000 Gnf pour les cadres moyens et de 140 000 à 170 000 Gnf.

Pour la cherté de vie, la Direction a annoncé le montant de 100 000 Gnf par travailleur. Les membres du comité de crise estiment que l'augmentation des salaires de 50% est une chose rare dans les autres sociétés minières du pays.

«La Direction affiche une volonté mais il y a toujours des inquiétudes sur un aspect, à savoir, comment protéger les salaires. En tant que comité de crise, il est souhaitable que nous soyons équipés des meilleurs arguments pour convaincre les interlocuteurs. Le comité de crise conseille à la Direction de faire un pas en avant, en augmentant les 50% déjà obtenus. La difficile mission du comité de crise et du syndicat demeure la restauration de la paix, mais la Direction doit savoir que tous les travailleurs tiennent absolument à l'indexation des salaires. Les travailleurs demandent, maintenant une augmentation de 300% et le comité est conscient que la demande est élevée. La Direction a fait un effort considérable mais beaucoup reste à faire pour satisfaire la demande».

La construction d'une cité ouvrière améliorera les conditions de vie de travailleurs, compte tenu de la longue distance ceux ci parcourent tous les jours. «La Direction est consciente de la situation et c'est la raison pour laquelle elle a fait cette augmentation qui est actuellement unique dans le secteur minier en Guinée. L'arrêt de l'usine a causé d'énormes problèmes. Remettons-nous au travail et tuons la tension sur la Mine en sensibilisant notre force de travail».

Suite à l'intervention de la Direction, le contrôleur du Travail quant à lui explique ceci: «négociation ne veut pas dire obligation. L'employeur satisfait les demandes selon ses possibilités. Le comité des cadres et le syndicat, ont la responsabilité de ramener la paix sur cette Mine. Retournez vers les travailleurs et expliquez leur honnêtement la situation». Pour sortir de cette crise, le syndicat et le comité de crise, les travailleurs y compris, demandent une augmentation plus significative.

Saliou Bal'la

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