La Tribune (Algiers)

Algérie: Journée d'étude sur le thème «Le chaabi, patrimoine, ville et perspectives»

Sihem Bounabi

22 Novembre 2006


Cette journée d'étude est organisée aujourd'hui par l'Etablissement Arts et Culture au théâtre de verdure d'Alger pour commémorer la 23e année de la disparition du maître du chaabi M'Hamed El Anka

Sur le thème «le chaabi, patrimoine, ville et perspectives», l'Etablissement Arts et Culture, organise, aujourd'hui, au complexe Laadi Flici (théâtre de verdure d'Alger), des conférences et des tables rondes animées par des spécialistes autour de la thématique du riche patrimoine musical qu'est le chaabi et celle du patrimoine matériel illustré par la ville.

La journée d'étude organisée à l'occasion du 23e anniversaire de la disparition du maître du chaabi M'Hamed El Anka sera l'occasion de rendre un vibrant hommage à l'un des piliers de ce genre musical qui fait partie intégrante de notre patrimoine national.

Les interventions débuteront par celle de Mohammed Bouhamidi qui présentera des fragments de textes en hommage au regretté maître et à la musique chaabie. Boudlaji Safir présentera une communication sur le parcours de M'hamed El Anka intitulé «un amoureux du chaabi et un musicologue hors pair.» Abdelkader Bendaamache présentera, lui, «le chaabi : parcours d'un genre musical» et Abdelkrim Meziani, «ces Dames de la chanson citadine.»

Par ailleurs, étant donné que le chaabi est intimement lié à la vie de la cité, Rachid Sidi Boumediene abordera la thématique de la gestion du patrimoine dans la gestion urbaine en Algérie.

Concernant la richesse des textes poétiques du répertoire chaabi, Abdelhalim Tobbal présentera dans une première intervention «la El Malhoun : Tindham oua Nidham» et une deuxième consacrée aux itinéraires des poètes du genre à l'instar de Mohamed Ben M'saïb, Abdelkader Bentobdji, Mustapha Nador Bensahla Boumedienne et El Maghraoui Moulay.

L'événement sera clôturé par une soirée à l'auditorium du complexe, animée par Abdelkader Chercham, Djamel Chaïb, Abdellah Guettaf, Mohamed Reda Charef et Mustapha Belahcen. Jeudi soir, dès 20 heures, ce sera, au tour de la chanteuse andalouse Nassima d'animer un concert en hommage au regretté maître El Hadj M'hamed El Anka.

Marquant d'une empreinte indélébile la musique chaabie, El Hadj M'hamed El Anka s'est éteint le 23 novembre 1978 à Alger après avoir interprété près de 360 poésies et enregistré 160 disques.

De son vrai nom Aït Ouarab Mohand Idir, M'hamed El Anka naquit dans la Casbah d'Alger le 20 mai 1907 au sein d'une famille originaire de Benni Djennad de Kabylie. Il fréquentera successivement, de 1912 à 1918, l'école coranique, l'école Brahim Fatah et une autre à Bouzaréah. A onze ans, il arrête ses études et se rapproche de cheikh El Nador qui le remarque et le prend sous son aile en l'initiant à la musique. A la mort de son maître, El Anka lui succède et démontre par sa passion et sa persévérance que le disciple a supplanté le maître.

En 1928, El Anka est dévoilé au grand public avec son premier enregistrement audio chez Columbia. Sa popularité grandissante, il fait des tournées en Algérie et en France.

En 1947, à la radio, il dirige la première formation de musique populaire, baptisée chaabie.

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En 1955, il enseigne son art au conservatoire d'Alger. Ses élèves, vont tous devenir des cheikhs à leur tour, à l'instar de cheikh El Achaab , Hassan Saïd et Rachid Souki. Dans la mémoire collective, l'interprète d'El h'mam et Sobhane Allah yaltifs s'est imposé par son prodigieux talent d'interprétation des q'cidat où le texte et la voix du maître ne font plus qu'un. Le plus important est le fait que «l'innovation qu'il a apportée réside également dans la note de fraîcheur introductive dans une musique réputée mono-vocale ainsi que sa manière de mettre la mélodie au service du verbe».

Finalement, au-delà de sa disparition, au-delà de l'absence, le chant du phénix résonne aujourd'hui à travers ses héritiers spirituels qui, comme Saddek Aïssat, clameront certainement aujourd'hui : «Jeunes filles de mon pays, petites soeurs, rejetez le voile qui couvre la tendresse émolliente de vos Zgharid, El Anka est dans la ville !»

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