Après le dîner organisé pour clôturer le séminaire de la Douane sur la lutte contre la contrefaçon, les artistes ont eu, ce samedi, une nouvelle opportunité de diagnostiquer le mal qui gangrène leur secteur. Et les réponses du Premier ministre semblent ébaucher un plan d'urgence de sauvegarde de l'industrie musicale.
C'est au plus tard ce jeudi 14 décembre 2006 qu"un décret sera pris pour la mise sur pied d'une brigade de lutte contre la piraterie, à compétence nationale'. L'information est sortie de la réunion, tenue ce samedi entre l'Association des métiers de la musique du Sénégal (Ams), la Coalition interprofessionnelle des producteurs et éditeurs phonographiques (Cipeps) et le Premier ministre, Macky Sall. Ainsi, dès ce lundi les propositions des artistes, sollicitées par le chef du gouvernement, devraient commencer à tomber sur la table de Macky Sall.
Président de l'Ams et Pca du Bureau sénégalais du droit d'auteur, Aziz Dieng informe que la réunion a également permis d'échanger sur la nécessité de faire voter une nouvelle loi sur le droit d'auteur et les droits voisins. Et sur ce point précis, soutient notre interlocuteur, 'les artistes ont demandé qu'on leur laisse un peu de temps, notamment d'ici la fin du mois de janvier 2007, pour proposer une démarche consensuelle'.
En attendant de faire apprécier leurs points de vue sur la question du droit d'auteur, les artistes ont pu quand même enregistrer quelques points significatifs de leurs revendications. Avec notamment la 'décision prise d'autorité par le Premier ministre de revoir à la hausse les droits de radiodiffusion au titre de la redevance annuelle de la Rts, qui sont passés de 25 à 40 millions de nos francs, en attendant'. Même si, fait remarquer le patron de l'Ams, la revendication des artistes est que la Rts soit alignée au même niveau que les radios privées. Mieux, les artistes demandent que cette redevance soit fixée à 250 millions.
Autre point phare du plan de sauvetage de l'industrie musicale, tel que conçu par Macky Sall : une nouvelle approche dans l'application des impôts sur les revenus des artistes. 'Le Premier ministre, rapporte Aziz Dieng, demande à tous les artistes qui subissent une pression fiscale de prendre attache avec le ministre des Finances. Ce dernier pourrait même 'traiter au cas par cas les artistes avec bienveillance'. Cette mesure devrait permettre, de l'avis du manager de Baaba Maal, de réparer une injustice causée aux artistes.
'Depuis 1992, année à laquelle l'Etat a commencé à appliquer cet impôt sur le revenu, les artistes vivent un véritable calvaire', se désole Mbassou Niang. Aujourd'hui, sur un billet à 500 francs pour un spectacle, explique le manager du Daandé Lé-ol, les artistes y défalquent quelque 43 % de taxes. Avec notamment 15 % pour la municipalité et autant pour le Fonds d'aide, 5 % vont au Pps, logé au ministère des Finances et 8,5 % sont reversés au Bsda pour le droit d'auteur.
Le pire dans cette situation, analyse Mbassou Niang, est qu'au moment où le Sénégal se singularise dans l'application de cet impôt sur le revenu, le prix de la cassette ne connaît pas d'évolution. Elle se monnaye en 2006 comme en 1985, au prix de 1 000 francs.

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